L’Horrible Invasion – 1977

l_horrible_invasion_usaEn Arizona, dans le petite ville tranquille de « Verde Valley », le vétérinaire Robert « Rack » Hansen enquête sur les morts mystérieuses d’animaux d’élevage. Bientôt rejoint par une scientifique du nom de Diane Ashley, ils vont découvrir l’horreur qui se profile. Dans peu de temps, la petite ville sera envahie par une horde de tarentules, aussi dangereuses que belliqueuses.

ATTENTION BEBETES VELUES !!!

« Mesa of the Lost Women, Tarantula, The Angry Red Planet, L’Invasion des Araignées Géantes, Missile to the Moon,… », pléthore de productions dont le point commun n’est rien d’autre que les arachnides. Autant de films B qui sont à eux seuls les fers de lance d’un cinéma d’un genre nouveau. A la moitié des années 50, pour palier aux séries Z en mal de spectateurs, l’industrie cinématographique se penche sur un concept de frayeur radicalement innovant. Faire peur avec des bébêtes velues, aux multiples pattes et, puisqu’il faut impressionner, bien souvent géantes et pas du tout ragoutantes. Jusque dans les années 60, c’est un véritable florilège du genre. Quelques films, dont « Tarantula » de Jack Arnold, sont de véritables chefs-d’œuvre, tandis que d’autres tombent littéralement dans la catégorie des films Z. Quoiqu’il en soit, le genre s’essouffle et semble être appelé à disparaître.

UN RETOUR EN FORCE !

C’est dans les années 70, avec « Jaws » (Les dents de la mer) de Steven Spielberg, qu’émerge une nouvelle fois l’intérêt pour ces bestioles. En 1975 Bill Rebane réalise « L’Invasion des Araignées Géantes » ! Un film devenu culte, et qui inspire le producteur Igor Kantor, en 1977, à mettre sur pied un projet assez similaire : « L’Horrible Invasion ».

A la réalisation, John « Bud » Cardos. L’homme connaît bien ce type de cinéma, lui-même acteur à une époque des films Z, entre-autre ceux de vampires.

UN FILM A PETIT BUDGET : SEULEMENT 500,000 DOLLARS !

Une somme dérisoire qui ne correspond, en rien, à l’ambition de son réalisateur, ni aux besoins du coût réel des effets spéciaux. Mais le producteur, Igor Kantor, refuse d’allonger le fric ! Dommage, car le dessein de ce dernier est de mettre sur pied un film qui surplombera celui de Bill Rebane. Pour éviter d’injecter plus d’argent, on tournera avec de vrais tarentules, quelques milliers qui furent achetées au Mexique, n’amputant finalement pas beaucoup le budget initial. Fallait-il encore que les acteurs s’adaptent à la présence des arachnides. L’actrice Tiffany Bolling y parvient sans problème et elle décrochera le rôle, prévu initialement pour Donna Mills, trop apeurée de la présence des insectes. Déjà dans le creux de la vague, William Shatner, LE capitaine Kirk, hérite du rôle de Rack Hansen. De son côté, l’acteur prend ses renseignements avant de partager l’affiche avec les tarentules. En fait, celles-ci sont inoffensives et ont bien plus peurs de nous qu’inversement.

Dans le creux de la vague William Shatner ? Oui ! La série « Star Trek » s’est arrêtée en 1969, et depuis, Gene Roddenberry ne lui a pas encore proposé de reprendre l’uniforme de la « Fédération », pour l’adaptation de la série sur grand écran. Dés lors, l’acteur canadien accepte les rôles qui lui sont proposés. Pour notre bonheur, il faut le dire, car dans « L’Horrible Invasion » il est un atout de taille. Alliant ce côté campagnard charmant, mais robuste et décidé, William Shatner nous offre une prestation digne d’un talent qu’il n’a jamais su exploiter à bon escient. Hormis dans le rôle du capitaine de « L’Enterprise », bien entendu.

ECOLOGIE BIEN SURE…

Le producteur, Igor Kantor, n’est pas un habitué des films d’horreur. C’est donc une aventure assez nouvelle pour celui qui est plutôt engagé contre la guerre au Vietnam. Auparavant, il a réalisé « Assault on Agathon », un super thriller bien ficelé.

Pour Kantor, il ne faut pas déroger à ses valeurs. Ainsi, on apprend que le principal responsable de l’invasion, réside dans les pesticides utilisés. On en revient aux idées que défend le producteur, adepte de la préservation de la nature. Nature qu’il faut laisser agir pour combattre le fléau qui s’abat sur « Verde Valley ». Oiseaux, rats,… sont les seules armes pour venir à bout de l’horreur.

UNE FIN ?

Le film se termine en laissant planer un doute. Même si l’issue de nos protagonistes semble décidée, on se souvient que dans le superbe film de Hitchcock, « Les Oiseaux », la fuite avait été possible et nécessaire.

Alors une suite à « L’Horrible Invasion » ? A la fin des années 80, la firme « Cannon » prévoyait une suite, avec William Shatner. Projet avorté ! Quelques années plus tard, le projet est de nouveau sur les rails,… puis avorté lui aussi. Une dernière tentative au début des années 2000, pour un remake cette fois-ci, mais… avorté !

Face aux productions actuelles, le défi d’un remake est impensable. Première contrainte, le budget, qui s’avère colossale à la réalisation du projet. Aujourd’hui, 500,000 dollars ne suffiraient plus, autant dire que le risque est énorme, puisque, deuxième contrainte, après des films comme « Arac Attack » au succès relatif, le genre est à la tendance du désuet. Comment le public accueillerait-il ce film ? Le pari se révèle trop risqué.

Alors, chers aficionados, contentons-nous de visionner ces grands films dans leur version originale, car c’est bien là que réside notre moment délectable.

C. Valentin

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