TUSK – Réveillez le morse qui est en vous !

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Wallace Bryton, un podcaster américain, se rend au Canada afin d’y rencontrer un jeune homme pour son émission trash-humoristique. Sur place, un contretemps l’oblige à modifier ses plans. Alors qu’il se trouve dans un bar, une lettre affichée sur un panneau de petites annonces attire son attention. Wallace se rend alors chez celui qui en est l’auteur, un vieil homme qui vit au milieu de nul part. Howard Howe, septuagénaire excentrique qui a vécu une vie d’aventures, est passionné par les morses. La rencontre avec le jeune homme va prendre une tournure plutôt inattendue. Car le désir de Howard Howe est de réveiller le morse qui sommeil en chaque être humain !

390236Totalement déjanté ! On pourrait résumer « Tusk »de Kevin Smith en cette simple phrase. Mais ce serait alors ignorer l’ensemble des éléments qui font de cette petite production un véritable chef-d’œuvre.
Tourné avec un petit budget d’à peine 3 millions de dollars, « Tusk » se veut néanmoins audacieux et exigent. Il nous entraîne tour à tour dans un huis clos pesant, dans les « flash-back » du podcaster et dans l’acharnement que mettent ses amis pour le retrouver. Des changements de rythmes qui ne pénalisent pas le film, c’est tout le contraire puisqu’il s’en retrouve renforcé en ne tombant pas dans d’interminables temps morts.
La technique n’est pas nouvelle, mais peu habituelle chez Kevin Smith plutôt cartésien dans sa façon de tourner. Clerks, Dogma, Zack et Miri,… en sont de parfaits exemples.
La rencontre entre Wallace et Howard donne le ton du film. Le réalisateur et scénariste construit intelligemment son récit en laissant prendre la sauce de la comédie horrifique. On croit d’abord entendre les racontars d’un vieil aventurier à la façon « Jorn Riel », pour ensuite découvrir quel psychopathe obsessionnel se cache en lui.
En jouant avec les contrastes de l’ombre et de la lumière, Kevin Smith entoure son petit monde d’un esthétisme prodigieusement efficace. Les effets spéciaux, le maquillage, les décors,… servent admirablement le film dans son ensemble.
Un film qui ne serait rien sans la présence de Michael Parks et Justin Long qui se donnent la réplique avec brio. Le premier, dans le rôle du vieux fou est incroyablement bluffant grâce à une prestation maîtrisée. Le second joue le parfait geek, un brin suffisant et un peu iconoclaste. Et puis, Johnny Depp, dans le rôle de « Guy Lapointe »… Formidable ! Il apporte un surréalisme qui fait du bien, prouvant ainsi qu’une production indépendante peut se permettre des libertés qu’elle ne pourrait avoir chez les « majors ».
Enfin, le moment tant attendu arrive ! Le sombre dessein de Howard Howe se réalise, et l’on prend conscience d’être en face d’une œuvre parfaitement réussie, assurément inscrite dans une démarche artistique qui ne nous laissera pas indifférent.

Je recommande « Tusk » à tous ceux qui ont envie de vivre une expérience cinématographique différente, et il n’est nul besoin, au préalable, d’aimer les morses.

C. Valentin

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