LA CHAIR DU DIABLE (1973)

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De retour en Angleterre après une longue expédition en Nouvelle-Guinée, Emmanuel Hildern est sur le point de révolutionner le monde scientifique. Sa découverte, un squelette géant, est d’une telle importance qu’elle bouleversera la théorie de l’évolution, elle remettra en question tous les travaux qui existent et viendra combler le chaînon manquant dans l’histoire de l’homme. Après avoir mené ses premières expériences, Hildern se confronte à un phénomène étrange ; en contact avec l’eau de la chair apparaît sur le squelette.

UN FILM RENVERSANT

La Chair du Diable est un mélange subtil entre le drame personnel et l’horreur, le récit d’un homme qui souffre de la perte de sa femme qui sombra jadis dans la folie et la peur de voir sa fille suivre le même chemin. Le personnage de Emmanuel, joué par Peter Cushing, est un savant qui est tiraillé par l’éthique et la peur de faire aboutir ses recherches, une peur qui le rend docile et incertain, tandis que son frère, James Hildern, joué par Christopher Lee, en est le parfait contraire. Opiniâtre, froid et rigide, rien ne peut arrêter ce psychiatre qui n’hésite pas à tester ses expériences sur ses patients. On plonge alors dans le drame familiale qui se poursuit tout au long du film, jusqu’à en être le fil conducteur.
Jusqu’à ce que celui-ci prenne une tournure encore plus sombre, surprenant alors le spectateur ébahis par une fin tonitruante et sacrément intelligente. Le rideau se baisse nous laissant un sentiment d’effroi, de consternation et d’inattendu.

Creeping Flesh Brothers

Dans l’oeuvre de Freddie Francis (Le Train des Épouvantes, They Came from Beyond Space, Dracula et les Femmes,…), La Chair du Diable est un chef-d’œuvre qui ne souffre d’aucune faille, tout est construit pour ne jamais laisser retomber son rythme soutenu qui font de 1h30 de film un moment inoubliable de grand cinéma.
Cette construction voulue par le réalisateur et les scénaristes, Peter Spenceley et Jonathan Rumbold, amène un effet de style pas courant dans l’histoire du cinéma bis. La déconstruction qui conduit à la scène finale fait tomber les certitudes auxquelles nous croyions depuis la première scène. Un film renversant, assurément oui !

LE LOISIR DE DEUX GEANTS

Loin d’être une production de la Hammer ou de la Amicus, La Chair du Diable s’offre tout de même à la distribution les deux grands acteurs du cinéma bis : Peter Cushing et Christopher Lee ! La prestation des deux hommes est une fois encore magnifique, avec une mention spéciale pour Christopher Lee qui joue admirablement cet être sans âme et fourbe. Cushing est égale à lui-même, très professionnel et complètement investi par son rôle. Le film repose entièrement sur les liens qui unissent les deux frères, une intrigue bien menée dans cette lutte « biblique » de Caïn et Abel. Sauf que l’issue est peut-être plus insidieuse, plus machiavélique encore. C’est là que le jeu des acteurs révèle toute sa dimension et donne le ton du film, noir à souhait et inquiétant à plus d’un titre.

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UN INCONTOURNABLE

Avec ces splendides décors qui créent cette atmosphère gothique et sa photographie minutieuse alliant l’ombre et la lumière, comme une toile de Munch, La Chair du Diable fait partie de ces films devenus des classiques. Parce que tout est soigné dans le moindre détail, les aficionados du cinéma bis ne peuvent pas passer à côté de cette production culte et qui, pour accentuer notre plaisir, mélange allègrement les intrigues pour un final où le recoupement nous glace le sang.

C. Valentin

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