LES FANTÔMES DU CHAPELIER – de Claude Chabrol

couvertureLa petite ville de Concarneau est plongée dans la sinistrose. Depuis quelques temps des femmes sont assassinées, étranglées, et l’auteur de ce massacre nargue autant la presse locale que la police. Sous la pluie battante qui fait reluire les pavés, on retrouve Léon Labbé, le chapelier. En face, Kachoudas le petit tailleur. Lui, le juif, témoin des escapades du bourgeois respecté, témoin des meurtres d’un chapelier qui sombre peu à peu dans la folie.
Entre ces deux hommes va naître une passion délétère, entre la fascination et le dégoût. Une relation où l’un et l’autre devient le confident privilégié jusqu’à l’instant final, le point de non-retour.

Claude Chabrol signe l’adaptation du roman de Georges Simenon avec toute la verve que nous lui connaissons. Il laisse se diffuser son esprit « chabrolient » avec la certitude de laisser naître chez le spectateur suffisamment d’empathie pour ses protagonistes. Il y a Léon Labbé, le bourgeois respectable, qui prend soins de sa femme impotente, on le voit à travers les rideaux pousser la chaise roulante avec résignation. En face, Kachoudas, le juif immigré qui observe derrière ses volets l’étrange mascarade pour ensuite arpenter les rues détrempées dans d’absurdes équipées nocturnes, suivant les pérégrinations de son voisin qui mène une danse perverse avec une jouissance à peine dissimulée.

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Avec un tel décor, Les Fantômes du Chapelier laisse les passions de Chabrol se déchaîner. Tout se joue dans cette relation malsaine admirablement jouée par un Michel Serrault éblouissant , dans la sobre démesure de son personnage et qui incarne avec conviction le paradoxe entre l’homme respecté et détestable. Son comparse, Charles Aznavour incarne cet être bouleversant et sincère, victime consentie d’un sacrifice totalement absurde.

En toile de fond, la petite ville bretonne de Concarneau, vieilles pierres et atmosphère sournoise, est à la mesure des crimes. Le tout est filmé avec précision, laissant s’infuser les essences d’un polar bien ficelé qui, adroitement, se transforme en une tragédie humaine et ce, dans un bel exercice de style à la sauce Claude Chabrol.

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C. Valentin

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