FRAYEURS – Lucio Fulci

lapauraLorsqu’un prêtre se suicide par pendaison, il entraîne dans sa chute l’ouverture des portes de l’enfer. Dans la petite ville de Dunwish se répand alors la peur, insidieuse et malsaine. A New-York, le témoin privilégié de l’horreur naissante est une jeune médium qui, après une séance troublante, tombe dans un coma et semble morte, au point d’être enterrée vivante. Par chance, Peter Bell passe par le cimetière. Il apprend alors que les portes de l’enfer doivent impérativement se refermer avant le jour de la Toussaint.

Est-il envisageable de parler de « Frayeur » de Lucio Fulci en s’abstenant d’être dithyrambique ? L’exercice est difficile , en particulier sur un film d’une telle envergure. Dés les premières images de « La Paura » on sent une atmosphère toute particulière, comme un cauchemar contenant toutes nos peurs et nos inhibitions. Car Fulci fait partie de la trempe des génies de l’image, il décortique dans une obsession fatale ses réminiscences de l’effroyable pour les immortaliser sur la pellicule. Le zombie qu’il évoque est loin de « Zombie II », à l’opposé de l’image que leur offrait Georges Romero. Ici, la laideur s’exprime grâce à un maquillage qui oscille entre le gore et le macabre.

Avec l’appellation de Dunwish, le réalisateur italien souligne une référence à l’univers de H.P. Lovecraft. En effet, dans la nouvelle « L’Abomination de Dunwish », publiée en 1929, le célèbre écrivain imaginait son récit au cœur d’une ville fictive. L’hommage rendu par Fulci s’inscrit clairement dans la volonté de prouver, si besoin en est, qu’il est à son tour un maître absolu de l’horreur. Et c’est nos protagonistes qui se plongeront dans cet univers noir, dans cette ville à l’allure inquiétante mais qui sait envoûter tous ceux qui y pénètrent. Jusqu’à subir, inexorablement, les facéties malicieuses des êtres de l’enfer.

« Frayeur » forme, avec « L’Au-Delà et La Maison près du Cimetière » une trilogie informelle dont le succès réside dans cette utilisation de décors immuables, tels la maison hanté, le cimetière, les zombies et l’ultra-violence baroque, et qui offrirent à Lucio Fulci de devenir le pape du cinéma d’horreur et, plus encore, du cinéma bis italien.
Les événements atroces qui découlent de cette histoire sont scandés par une musique lancinante et profonde signée Fabio Frizzi. Bien que « L’Au-Delà » connaîtra un succès plus retentissant, « La Paura » et son style expérimental n’en demeure pas moins une œuvre culte dans la filmographie de Fulci. Si l’homme connu des hauts et des bas durant sa carrière, subissant les symptomatiques maux des tendances du bis italien, les années 80 offriront au réalisateur un large terrain où il pourra exprimer son talent dans un épanouissement totale, loin des visions cyniques et misanthropes du passé.

C. Valentin

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