REGRESSION – Alejandro Amenábar

Regression

Dans l’Amérique des années 90, les rumeurs de rites sataniques se propagent à grande vitesse. John Gray, un père de famille, vient d’être arrêté suite aux aveux de sa fille, Angela, qui l’accuse d’abus dans le cadre d’une messe noire. Mais l’homme n’en garde aucun souvenir ! Manipulation ? Complot ? L’enquête est confiée à l’inspecteur Bruce Kenner, aidé par le Dr Kenneth Raines dont les techniques liées à l’hypnose régressive devraient apporter des réponses. Du moins, en théorie !

Véritable thriller psychologique teinté d’horreur, « Régression » s’avère particulièrement robuste et a plutôt fier allure. Pour le public, ce sera les retrouvailles avec le syndrome de la « peur primale », puisque le film de Alejandro Amenábar joue habilement avec les ambiances propres à des films tels que : « Rosemary’s Baby » ou encore « Le Silence des Agneaux ».
Utilisant les décors avec intelligence, il distille adroitement une atmosphère pesante, allant crescendo, et l’utilisation d’une teinte bleue grisâtre nous glace les os.

regression« Régression » s’inspire d’un fait réel – d’où l’époque où se déroule l’action – et invite le spectateur à être le premier témoin d’une enquête qui s’avère plus importante, sur le fond, qu’elle n’y paraît. N’hésitant pas à parsemer ci et là des contradictions, tout en révélant subrepticement quelques réponses, Amenábar nous convie à repousser notre simple vision des choses, en prospectant plus loin. Si les pièces du puzzle ne sont pas simples à rassembler, c’est que le réalisateur et scénariste nous réserve une conclusion fataliste.

Toutefois, on pourrait reprocher à ce thriller son côté trop procédurier qui, sur quelques scènes tirant en longueur, nous amène à décrocher au risque de faire retomber la sauce. Le film manque peut-être d’inspiration pour développer plus le scénario autour des rites sataniques qui, et c’est dommage, s’avère plus être un prétexte à l’histoire de Angela, alors qu’il devrait être la pièce maîtresse. Il faut tout de même admettre qu’il ne s’agit là que d’une petite gageure qui n’entache pas la grande qualité du film. Même si, du côté des acteurs, on attendait beaucoup plus de Ethan Hawke dont l’interprétation est, certes très juste, mais trop « premier de la classe ». L’inspecteur Bruce Kenner aurait mérité d’être plus approfondi.

Emma Watson, dont c’est le premier thriller, se révèle tout le contraire. Interprétation brillante, elle joue admirablement cette jeune fille abusée et a saisi toute la pertinence psychologique de son personnage. Le teint blafard, le regard en peine et les lèvres tremblantes, la jeune actrice confirme son talent et promet, on l’espère, de revenir dans des rôles aussi surprenants de maîtrise !

Très beau thriller psychologique à la superbe photographie, sombre et inquiétante, « Régression » ne démérite pas et place son réalisateur au rang de ceux qui savent y faire ! La promesse est tenue, et le public y trouvera sans doute de quoi se mettre sous la dent.

C.Valentin

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