SAVAGE STREETS – Une « bronsonerie »

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Dans les rues de Los Angeles sévit un gang. A sa tête, Jake, un loubard violent et instable. Avec sa bande, ils vont violer une jeune sourde et muette, Heather, et la laisser pratiquement pour morte. Sa sœur, Brenda, est bien décidée à la venger. Pour le gang, fini de rigoler !

Qu’est-ce que c’est que cette « bronsonerie » ? C’est évidemment la question que tout le monde doit se poser après avoir vu « Savage Streets » et son héroïne, pendant féminin d’un Charles Bronson de l’époque « Cannon Films ».

Savagestreets4Véritable « rape and revenge », ce film B explore la violence caractérisée par les années 80, auprès de jeunes dont le desiderata est de fuir toutes conventions sociales, de braver la figure paternel et, de source, ne pas respecter les hiérarchies. Cette volonté de ne pas devenir un pur produit de l’ « establishment », les amène vers une profonde révolution sociale et culturelle.
Une telle violence, car « Savage Streets » l’est réellement, avait été explorée bien des années auparavant dans un classique du genre signé Stanley Kubrick : « Orange Mécanique ». Malcolm McDowell illustrait cette violence à travers une psychologie malsaine, alors que Danny Steinmann (Vendredi 13, chapitre V), le réalisateur de « Les Rues de l’Enfer » – titre français – préfère le côté revanchard de son protagoniste.

Dans ce « nanar », finalement pas si mauvais que cela, terminé les gros durs aux bras musclés, place à la féminité farouche, libérée et cruelle. Brenda, alter ego de Paul Kersey dans la saga du « Justicier » s’avère aussi intelligente qu’implacable.

Tout l’intérêt du film réside en son actrice, Linda Blair (L’Exorciste), alors en mal de rôle dans une industrie du cinéma qui évolue sans cesse. Affublée du parfait uniforme qui souligne ses formes généreuses, son arc à flèches prêt à servir et son langage peut châtié en font un personnage devenu culte auprès des bisseus. Le tout s’accompagne de morceaux rock très « eighties » (bien évidemment) qui s’accordent parfaitement avec l’atmosphère du film, un brin crasseux et profondément débile, mais attention, dans le bon sens du terme.

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« Savage Streets » aura en effet marqué plus d’une génération, et même si ce film est loin d’égaler des productions plus ambitieuses, il aura eu le mérite de ne pas banaliser des problématiques de fond, et allons encore plus loin, il offre à ses acteurs des rôles taillés sur mesure : Robert Dryer (Jake) est saisissant en voyou dérangé, Lisa Freeman (Back to the future… et oui) est totalement délurée, mais c’est peut-être son état normal. La palme revient assurément à Linnea Quigley (Heather), excellente actrice que l’on a pu voir dans de nombreux films B (Bimbo Movie Bash, Curse of the Lesbian Love Goddess,…), qui donne à son personnage la justesse nécessaire pour rendre insoutenable la scène du viol. On s’en voudrait d’oublier Linda Blair, sensuelle et imposante mais qui, malgré sa bonne volonté, ne fait jamais que du « Linda Blair »…

Victime de la censure qui cataloguait « Savage Streets » au rang du film porno, celui-ci fait aujourd’hui partie des films qu’il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie, et même si cela n’aura jamais l’aura d’un « Orange Mécanique », qui reste de loin le meilleur film du genre, nul doute que « Les Rues de l’Enfer » restera un incontournable pour les bisseus nostalgiques.

C. Valentin

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