LA FIN DU JOUR – 1939

455613
Abbaye de Saint-Jean-la-Rivière, maison de retraire pour comédiens. Du moins pour l’instant, car l’établissement risque de fermer ses portes, faute d’argent. Au cœur de l’édifice, trois fortes têtes sont bien décidés à ne pas laisser un tel événement se produire. Il y a St-Clair, le dernier arrivé, comédien à succès tant sur la scène qu’avec les femmes. Cabrissade, resté toute sa vie la doublure d’un autre. Facétieux et fantasque sont les maîtres mots de sa truculence. Marly, érudit, ami des poètes, mais qui ne rencontra jamais le succès malgré un talent irréfutable. Trois hommes, trois destins, une seule cause !

La_Fin_du_jour« La Fin du Jour », c’est une élégie crépusculaire, où se confondent les fantômes du passé et la réalité du présent.
Julien Duvivier en cinéaste averti en a saisi toutes les nuances, et ce n’est pas seulement les trois protagonistes qui y sont pour quelque-chose, mais bien l’atmosphère générale qui se dégage du film. Loin d’être pessimiste, mais pas optimiste non plus, c’est un film noir qui raconte l’aboutissement des choses : la vie, la gloire, l’attente,… Mais plus que cela encore, Duvivier « hurle » son amour du théâtre, là où naît les passions et où s’exprime les grands poètes.
Et lorsque tout cela se mélange, « La Fin du Jour » devient une œuvre singulière, la plus intimiste que Duviver ait pu réalise jusqu’alors.
Une nouvelle fois il dresse le portrait de personnages authentiques, comme dans « La Belle Équipe », où naissaient les passions sans jamais repousser les désillusions, qui pointent le bout du nez, au moment où on ne les attends pas.
A travers les trois comédiens de la maison de retraite, auxquels Charles Spaak confiera des dialogues savoureux et tragiques, Duvivier laisse exprimer ses souvenirs d’un monde qu’il affectionne tant, sans oublier de bouleverser le spectateur par ces petites tragédies qui font la vie.

duvivier_la_fin_du_jour_02

« La Fin du Jour » est un film poignant, dés son ouverture le spectateur tombe dans l’univers diégétique du film qui trouvera son apothéose dans un final émouvant, scène magnifique et pourtant si sombre. Contrastant alors les aspirations cinglantes de St-Clair, Cabrissade et Marly, et pouvant presque « choquer » le spectateur qui se perd en conjecture. Tout au long du métrage les rivalités et les attentes, les désirs et les perditions ne sont-elles pas une tragi-comédie qui amuse les trois hommes ? Assurément, et le final sera sans rappel, plus intimiste, car c’est un monde bien différent du nôtre que celui des comédiens !

la-fin-du-jour-michel-simon

Louis Jouvet, Michel Simon et Victor Francen se donnent la réplique avec fougue et volubilité, sans jamais oublier de parfaire leur interprétation pour nous subjuguer.
Michel Simon, dans son rôle de cabochard éclairé nous émerveille avant de tomber les masques, et de découvrir le fond de ses sentiments. Jouvet et Francen sont en apothéose dans une rivalité constante, dont l’issue sera une dernière fois l’occasion pour Julien Duviver de surprendre, là où s’y attendait le moins.

Cédric Valentin

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s