LE CARNAVAL DES TRUANDS

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Pendant trente ans, le professeur James Anders a enseigné dans une école américaine de Rio. Durant toutes ces années, de la fenêtre de sa classe, il pouvait apercevoir la compagnie des diamantaires. L’heure de la retraite ayant sonnée, le professeur Anders monte une équipe afin de dérober une importante quantité de diamants. Quatre hommes vont ainsi se rendre à Rio, en plein carnaval, pour mener cette opération très risquée.

carnaval-des-truands-jaquetteOn le sait, le cinéma italien fut un grand pourvoyeur de films hollywoodiens revisités à la sauce transalpine. Impossible alors que le film de casse échappe à cette règle. Et il faut bien le dire, « Le Carnaval des Truands », de Giuliano Montaldo, est un fleuron du film de casse à l’européenne.
Tout d’abord, parce qu’il s’inscrit comme un véritable film d’action, bien pensée sur la répartition des tâches, et sur le plan physique les prouesses sont au rendez-vous. Comme les différents gadgets à la pointe, qui semblent sortir d’on ne sait où, et la capacité intellectuelle à mettre en œuvre cette opération d’envergure, bref, rien n’a été oublié. Jusque dans l’utilisation des décors, naturels bien sûre – les vues de Rio de Janeiro sont superbes – et dans les nombreuses figures de styles, dont la fameuse scène de hold-up acrobatique, dans un silence monastique, qui en rappellera une autre bien connue, quelques années plus trad dans « Mission Impossible », de Brian de Palma. Le cinéaste, amateur de bis italien, aura certainement puisé son inspiration dans le film de Montaldo.

Le spectateur lui, et c’est inhérent au genre, doit se prendre d’empathie pour les personnages, au point d’être lui-même envahi par un frémissement, et ce, toutes les fois où la malchance semble pointée son nez. Sans cela, la magie pourrait-elle prendre ? Et comme « Le Carnaval des Truands » obéit aux conventions, cette fameuse malchance fera une intervention remarquée, et remarquable, servant ainsi sur un plateau d’argent un retournement de situation à l’efficacité redoutable.

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Ensuite, le film s’inscrit dans une production internationale. Une façon coutumière pour faire apparaître à la fois des stars sur le retour, comme Edward G. Robinson (Soleil Vert, Le Petit César), des « gueules » de cinémas de quartiers comme seule Klaus Kinski (Jack The Ripper) pouvait avoir, ou encore Janet Leigh. L’héroïne de « Psychose » a déjà quarante ans et sa carrière est sur le déclin. C’est qu’il ne fait pas bon avoir deux fois vingt ans à Hollywood. Elle tire toutefois admirablement son épingle du jeu, au point de se demander comment un tel talent a pu être mis au rebut. D’autres « têtes » familières sont au casting : Robert Hoffmann, que l’on a pu voir dans « Angélique Marquise des Anges » et « Merveilleuse Angélique », ou encore le giallo de Umberto Lenzi, « Spasmo ». Et pour compléter la distribution, Riccardo Cucciolla (Sacco et Vanzetti) et Georges Rigaud (La Tulipe Noire, L’Homme de Marrakech).

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Giuliano Montaldo, cinéaste engagé qui avait débuté sa carrière en 1962 avec « Le Commando Traqué » est aussi le réalisateur de l’excellent « Les Intouchables », avec Peter Falk et John Cassevetes. Avec « Le Carnaval des Truands », l’homme signe un véritable must, tant sur le plan commercial qu’artistique. Un film à la splendeur retentissante qui se doit d’avoir sa place dans une vidéothèque idéale.

Cédric Valentin

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