CONCORDE INFERNO

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Lors d’un vol d’essai entre Londres et Caracas, un concorde est victime d’un sabotage. Il s’écrase en mer, non loin de la Martinique. Seule survivante de ce crash, l’hôtesse de l’air Jean Beneyton est aussitôt enlevée par une bande de malfrats. Cet attentat est fomenté par un riche industriel de l’aéronautique, Milland, qui voit d’un mauvais œil l’arrivée sur le marché du supersonique. Moses Brody, journaliste, se retrouve malgré lui au cœur de cette tragédie qui risque de se répéter, puisqu’un autre concorde transportant des passagers est sur le point de suivre le même scénario. Seule Jean Beneyton peut les sauver, mais arrivera t-elle à temps ?

Lorsqu’en en 1969 le film catastrophe de grand spectacle est initié avec « Airport », le cinéma prend un virage qui verra naître des films vraiment spectaculaires. « La Tour Infernal » ou encore « Le Poséidon », autant de situations périlleuses qui nous donneront de quoi frissonner.
Il fallait donc s’attendre à ce que le cinéma d’exploitation italien – encore lui – s’empare du succès d’un genre qui, en cette année 1979, entame les derniers mètre de ce virage, bien moins ascensionnel qu’à ses débuts.

Operaci_n_Concorde-415993550-largeC’est donc Ruggero Deodato qui va prendre le train en marche. « SOS Concorde » – connu aussi sous le titre « Concorde Inferno » – traite ainsi d’une catastrophe aérienne, sur fond d’enquête plutôt exotique. L’action y est toujours bien présente, notamment lors d’une scène sous-marine assez réussie, et le réalisateur trouve rapidement ses marques. Toutefois, il reste plutôt éloigné des scènes gores outrancières de « Cannibal Holocaust » préférant le parfum d’un suspens haletant à souhait.
Au final, le rendu est plutôt convaincant, en tout cas pour nous, amateurs de bisseries, puisqu’il en fût tout autrement pour les compagnies françaises et britanniques exploitants le Concorde. En effet, le refus d’apposer le nom d’une compagnie a été catégorique, et il ne sera dés lors pas étonnant de retrouver quelques stocks shots fournis par la British Aerospace, du modèle prototype en vol.
Rappelez-vous, nous sommes en 1979, et quelques mois plus tard sortira « Airport 80 – Concorde », avec Alain Delon, qui est bien en-dessous du film de Deodato. Et pourtant, le métrage de Jerry Jameson recevra toutes les autorisations pour l’exploitation de l’image du supersonique. Plutôt déroutant non ?

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« Concorde Inferno » est une réussite sur le plan de la réalisation, mais aussi du scénario. Mais comme toujours, budget au rabais oblige, les effets spéciaux manquent d’envergures, et ce ne sont pas les maquettes qui diront le contraire. Le film souffre donc de son manque de réalisme dans des scènes cruciales, comme l’atterrissage d’urgence du concorde, mais cela ne confine t-il pas à la beauté du cinéma d’exploitation transalpin ? Évidemment que oui, et cette gageure se transformera vite en quelque chose d’appréciable dont on se délecte avec un bonheur non dissimulé.

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Ruggero Deodato veut un film exploitable à l’international, et l’idée d’y intégrer des acteurs reconnaissables pour ce marché est une évidence.
James Franciscus, le héros du « Secret de la Planète des Singes » et « Les Naufragés de l’Espace », est donc tout indiqué pour camper le personnage de Moses Brody. Il formera dés lors un couple efficace avec le belle Mimsy Farmer – qui s’est déjà illustrée avec brio chez Dario Argento – et qui est ici parfaitement à l’aise. Comme souvent dans l’exploitation italien, on « ajoute » au casting une star hollywoodienne sur le retour et c’est Joseph Cotten – auparavant vu dans une autre catastrophe aérienne avec l’excellent « Les Naufragés du 747 » – qui s’y colle. Bien que d’habitude on croise plus vite John Huston, ou Edward G. Robinson, donc une belle surprise de voir à l’écran le héros de « L’Ombre d’un Doute ».
D’autres « gueules » connues se font remarquer, à commencer par le pilote de l’avion : Van Johnson ! Les bisseux se rappellerons de lui dans « Killer Crocodile », les autres auront un souvenir plus glorieux avec « Un Nommé Joe » de Victor Fleming.
Un autre indispensable est là… Venantino Venantini. Le prêcheur du post-apocalyptique « New Barbarians » de Enzo G. Castellari est ici un malfrat de la pire espèce. Et cette « gueule » là, franchement, elle est magnifique !

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Le seul regret que l’on puisse avoir, est qu’il n’existe dans nos contrées aucune édition DVD ou Blu-ray de « Concorde Inferno », et c’est bien dommage. Le film de Deodato mériterait d’être (re)découvert, tant il s’inscrit dans cette volonté absolue d’aller « pêcher » les succès hollywoodien pour en faire des petits bijoux, où s’exprime les fantasmes de réalisateurs qui tiennent plus souvent le rôle de faiseurs de miracles.

Cédric Valentin

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