DON’T BREATHE

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Les loulous, ne faites pas comme dans « Don’t Breathe », même si le marasme socio-économique vous guette, ne cambriolez pas les maisons de vos voisins ou de votre voisinage ! Parce que putain, ça craint ! Bon, ok, c’est vrai que si ça part d’une bonne intention… Mais bordel qu’est-ce que je raconte ? Non on fait pas ce genre de truc, merde !!!
Il aurait peut-être été nécessaire de faire cette leçon à Alex, Rocky (pas Balboa, hein) et Money (Drop… Ok je sors) !
En fait, pour être concret, cette bande de jeunes, perdant leurs repères et vivant dans la désillusion de voir un monde meilleur arriver, etc…, etc… sont bien décidés à prendre leur destin en main, quitte à braver les interdits.

photo_6001_10734057Si à l’ouverture du film on déverse notre venin sur ces gamins, on comprend assez vite que leur but n’est pas de commettre des infractions pour le plaisir, mais bien que chacun d’entre eux a une raison personnelle.
Du coup, ils nous paraissent plus sympas. Rocky, elle, veut à tout prix sortir sa petite sœur des griffes d’une mère alcoolique, et ainsi partir vivre en Californie, éventuellement avec son petit copain, Money, lui plus attiré par son image. Alex, à d’autres desseins. Son rêve c’est de faire du droit, et même si secrètement il est amoureux de Rocky, il compte aller au bout de ses envies.
Comme c’est touchant, n’est-ce pas ? Oui mais, voilà, il est temps de passer à la vitesse supérieure, fini de voler uniquement des babioles que l’assurance remboursera à ses propriétaires. Maintenant, ce qu’il faut, c’est du fric !
Et hop… comme par magie on se remet à les haïr ; non mais franchement quoi ? Ils vont vraiment s’introduire, de nuit, chez ce pauvre vétéran de l’armée, frappé de cécité suite à l’éclat d’un obus, et par dessus le marché, dont la fille a été tué par une chauffarde qui branlait son copain ? Une belle bande de merdeux ces trois là ! 300.000 dollars à la clé, mais foutre la vie d’un homme en l’air, alors qu’il creuse déjà un peu plus sa tombe… non c’est odieux !

C’est là que « Don’t Breathe » prend son envole. Dés ce moment les choses vont changer. Faut pas chercher des noises à un aveugle… euh, et si c’est Gilbert Montagné ? Pffff, faut que je me calme là !!!!!
Bon, sérieusement, autant le spectateur que nos antagonistes, la surprise est de taille. D’ailleurs, un bon conseil, commencez dés à présent à voir les choses sous un autre angle.
A commencer par le véritable, je devrais même dire LA véritable, protagoniste de cette histoire : La maison !

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C’est que « Don’t Breathe » est un savant mélange entre le « home invasion » et l’horreur. Dans l’absolu ce qui va se passer pourrait s’apparenter à « Intruders » – le film de Adam Schindler – où le renversement de situation est fracassant.
Mais dans le film de Fede Alvarez (Remake de Evil Dead), si le schéma prend un peu cette direction, le tout est centralisé par la maison.
Elle tient un rôle prépondérant, en distillant une atmosphère pesante, mettant nos nerfs à rude épreuve.
Ce qui est frappant, c’est à quel point le réalisme de cette dernière est poussé à son paroxysme : Petite lumière sur le porche d’entrée, rue éclairée – alors que son propriétaire est le dernier habitant de la « Buena Vista Street » – intérieur cosy avec un living room très accueillant,… vous remarquerez l’agent immobilier qui sommeil en moi.
Petit à petit, il faudra bien qu’elle révèle ce qu’elle a au fond de ses entrailles. Et c’est pas joli du tout.

Fede Alvarez a tenu à aller jusqu’au bout de son idée, et pour ce faire il faut compter sur Roque Baños qui va utiliser une musique plus primale. La maison va s’exprimer à travers les différents objets que l’on peut trouver chez soi : Conserves, Charpente, Sol, Eaux,… Une formidable prouesse il faut le reconnaître, tant on est absorbé par ces « bruits », tantôt tonitruants, mais souvent discrets.

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Du coup, qu’en est-il de nos anti-héros/vilains ? N’allez pas croise qu’ils passent au second plan, bien au contraire.
Puisque tous sont louables dans ce qu’ils font, même le vétéran aveugle dont on comprend la douleur, mais pas la manière de l’exprimer, on doit dés lors s’identifier à eux. En gros, choisir son camps !
Mais ce n’est pas aussi facile qu’il y paraît, et c’est là encore toute la prouesse du réalisateur et de son co-scénariste Rodo Sayagues. Il nous est impossible de louer leurs actes, sinon nous passerions pour de fiéfés salopards, mais il est tout autant difficile de ne pas ressentir un brin d’empathie pour l’un ou l’autre, voir même, pour tous.
Du coup, je vais vous révéler vers qui mon cœur à balancé. Rocky ! Non ce n’est pas seulement pour la belle gueule de Jane Levy (tiens, Evil Dead aussi), mais plutôt pour l’amour qu’elle porte à sa petite sœur – qui nous fait vraiment de la peine – et donc, l’altruisme dont elle fait preuve. Pas seulement envers sa petite sœur, mais je ne vous en dévoile pas plus.

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Quoiqu’il en soit, ce sera à vous de choisir.
Je m’en voudrais de ne pas saluer, à juste titre, l’incroyable performance de Stephen Lang (Project X, L’Avocat du Diable,…), dans le rôle de l’aveugle. Tout simplement magnifique ! Bah oui, il faut le dire c’est important.
Par contre, je soulignerai un petit bémol, en la personne de Dylan Minnette. L’acteur vu récemment dans « Chair de Poule – le film », et plutôt habitué aux rôles « gentillet », peine un peu à trouver ses marques dans ce film. Un exercice assez neuf pour lui.

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Je terminerai en vous mettant l’eau à la bouche. Oui je sais je suis sadique, hé hé.
« Don’t Breathe » se révèle être particulièrement bon, et ce jusque dans la photographie qui joue avec un savant mélange de lumières et de couleurs. Une scène est tout à fait splendide, lorsque ce petit monde se retrouve dans la cave, plongés dans le noir total, l’image passant en noir et blanc et ne laissant s’entrevoir les couleurs que quelques secondes, lors des coups de feux. C’est de toute beauté !
Alors vous salivez ? Vous avez raison ! Et n’oubliez pas, en regardant ce film : Retenez votre respiration !

Cédric Valentin

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