666 ROAD (Southbound)

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« J’étais sur la route toute la sainte journée … », chantait ce joyeux trublion de la chanson française : Gérald De Palmas. Faut croire que le type ne s’est jamais rendu dans le désert américain.
La sainte journée, se transforme en l’enfer toute la journée. Bon, faut pas croire que je conchie les grandes étendues du désert ricain, je vous parle juste de la « 666 Road » ! Une route, perdue au milieu de nul part qui plonge ses proies dans une sorte de « Quatrième Dimension », où l’espace temps ne représente finalement plus rien.

090070-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-1483960772Dés le lancement, deux malfrats en cavale tournent en boucle, revenant inlassablement au même point, tout en étant poursuivi par des ombres flottantes, vachement menaçantes.
Ensuite, trois jeunes filles, des rockeuses aux corps de déesses, se retrouvent embarquées par une secte du genre « on est complètement ouf », où elles dégusteront un genre de pain de viande immonde, avant de se faire totalement enrôlée chez ces malades.
Puis vient ce type qui tente de venir en aide à une jeune femme (en fait la leader du groupe de rock) qu’il vient juste de renverser. De bonne volonté le gars, mais en débarquant dans un hôpital fantôme, il flippe sa race… Je vous jure qu’à sa place j’aurais pu me faire dessus ! Autant que ce braqueur qui débarque dans un bar, dont les occupants sont… énigmatiques dirons-nous. Le bougre veut retrouver sa sœur disparue depuis 13 ans. Et bien le gaillard, il ne sait pas où il met les pieds. Il n’est pas le seul, attention, car ce petite couple avec leur ado de fille qui prennent des vacances bien méritées… Mon cul oui ! Ils feront moins les bourges quand 3 types masqués vont débarquer dans la jolie petite bicoque qu’ils louent.

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A ce stade, vous ne devez certainement rien comprendre au synopsis du film. Je me trompe ? Allez, rassurez-vous les amis, ce n’est pas votre faute.
En même temps, je vous présente le truc d’une manière un peu cavalière. En fait, il s’agit d’un film à sketches, cinq histoires courtes pour être précis.
Vous devez penser que ce genre de film, vaut mieux éviter (bon à l’exception des quelques-uns, comme Asylum ou Le Train des Épouvantes), que c’est souvent bidon, etc… Et bien, figurez-vous que vous avez tort !
« 666 Road » se révèle intelligent dans sa construction, puisque chaque histoire débute par la fin de celle qui la précède. Donc, il y a bien une transition qui, faut bien trouver un point noir, se casse un peu la gueule entre le mec qui renverse la fille et l’histoire du bar. Soit, ce n’est pas grave, car le film se rattrape plutôt bien par la suite.
Sans trop en dévoiler, on termine le film comme il a commencé, car l’inévitable de cette route est de ne pouvoir la quitter. On fait une boucle quoi.

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Ce qui rend « 666 Road (Southbound) » – pour ne pas confondre avec « 666 Road » de William Wesley – intéressant, c’est l’utilisation d’un décor qui ne change jamais, mais qui distille avec subtilité l’ambiance souhaitée en fonction de l’histoire dans laquelle on se trouve. Tantôt burlesque, psychotique, un brin nihiliste, mais aussi gore et angoissant, il y a de quoi vivre quelques émotions fortes.
Le rythme du film est ainsi soutenu jusqu’à la scène finale qui ne délivre pas de conclusion, mais qui sombre dans le fatalisme le plus sombre.

Cette production renversante et étonnante, se conjugue avec la présence d’un collectif de réalisateurs qui s’avèrent plutôt à l’aise dans cet exercice.
On y croise Roxanne Benjamin et David Bruckner, connu pour avoir produit « V/H/S », et qui font une fois encore un travail plutôt interpellant sur « 666 Road ».

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Quelques acteurs sont à noter au passage, à commencer par Fabianne Therese (John Dies at the End), magnifiquement belle dans son rôle de jeune artiste engagée. Mather Zickel « Peace, Love et plus si affinités » qui est éblouissant et même un brin émouvant… Je suis un peu fleur bleu j’avoue.
Vous me pardonnerez de ne pas tous les citer, et ce n’est pas parce qu’ils sont mauvais, que du contraire, tous apportent leur pierre à cet édifice de peur dont les décors anxiogènes vous confronteront peut-être avec vos propres démons.
Et puisque c’est ce qui attend nos protagonistes, qui sait, vous allez peut-être vous identifier à eux… alors, avant de vous immerger dans cette ambiance macabre et glaciale, n’oubliez pas d’expier vos fautes !

Cédric Valentin

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