BLASTFIGHTER

01

La forêt est si belle lorsque les rayons du soleil filtrent aux travers des branchages feuillus, diluant avec parcimonie sa lumière ardente. Sauf que, d’un coup, retentit un horrible coup de feu. Par terre, gisant dans un bain de sang, une pauvre petite biche, un faon, un sanglier, voir un marcassin, rend son dernier soupir.
Nooooon putain, laissez vivre les pauvres bêtes qui apportent tant de quiétudes à Tiger Sharp. En plus, vous risquez de le regretter, parce que le mec va se mettre en colère et à votre tour vous allez pisser le sang… et pas que par les narines !

21f96e203e0c0f673b83265acaf48591Jake  »Tiger » Sharp. Voilà un nom qui prouve bien que le bonhomme n’est pas là pour plaisanter. Ancien flic qui sort de dix ans de taule pour avoir venger la mort de sa femme, en butant froidement son assassin, retourne vivre à la campagne, là où il est né et où il a grandi jadis.
Les choses sont bien différentes maintenant, et son meilleur pote, Tom, est devenu le nouveau caïd de la ville. Il entreprend de traquer les animaux du bois pour vendre leur bienfaits à un asiatique pas très catholique. Tiger ne le supportera pas, et bientôt une traque sanglante va débuter. D’autant que l’homme n’est pas encore au bout de ses surprises !
Car, oui précisons-le, rien ne lui sera vraiment épargner à ce bon Tiger ; d’abord une justice corrompue, mais qui ne sera qu’évoquée dans le film, ensuite une fille dont il ignorait l’existence fait irruption dans sa vie, mais pas pour bien longtemps, et en plus, il avait adopté un gentil petit bébé animal que les consanguins du coin vos égorger.
Avouez tout de même que ça fait beaucoup pour un seul homme. Non ? Ah tout de même je me disais bien…

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Nous sommes donc en 1984, et « Blastfighter » fait partie du cinéma d’exploitation italien qui, comme à son habitude, pioche des idées ça et là dans les blockbusters du moment pour concocter sa propre recette. « Rambo », sorti en 1982, fait la part belle à la chasse à l’homme dans un environnement bucolique et hostile à la fois. Il était donc normal pour Luciano Martino, le producteur, d’adapter le concept à la sauce transalpine. Il fera donc appel à Lamberto Bava (Baiser Macabre) pour porter le sujet à l’écran.
Et comme il faut paraphraser Monsieur Sylvestre, le protagoniste ne sera pas un vulgaire vagabond, mais un ancien flic abandonné par le système. Bon, au final, il n’est quand même pas le bienvenu. Un comble alors qu’il est un « enfant du pays » !
Contrairement à « Rambo », qui fait face à un sort bien semblable (ou l’inverse) Tiger lui se confronte à des bouseux, une vision somme toute très clichée de la campagne américaine. Les autochtones qu’ils sont se traduisent par un mélange entre l’abruti congénitale et l’illettré par excellence. Ils ne savent se servir que de deux choses : Leur fusil et leur queue ! Enfin quoique…

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Et puisqu’il faut toujours en faire plus pour se démarquer, « Blastfighter » sera plus sanglant, plus gore, et plus meurtrier. Car notre héros est équipé d’une arme de pointe aussi incroyable qu’elle est improbable.
Notre héros, justement, est interprété par un acteur italien – aaaah bon ?, mais oui – qui est parfaitement à l’aise dans son rôle : Michael Sopkiw !
Un nom qui ne vous est bien entendu pas inconnu, puisque on retrouve Michael dans quelques films cultes, comme par exemple : « 2019 après la chute de New-York », ou encore « Shark : Rosso nell’oceano). Bien qu’il ne possède pas la carrure d’un Stallone, il faut lui reconnaître des prouesses franchement incroyables. John Rambo, lui, venait d’une unité spéciale de l’armée, il était donc tout naturel qu’il se « fonde » dans le décors pour mieux surprendre ses adversaires. Dés lors, notre Tiger Sharp est très fort, puisqu’il n’a jamais que l’entraînement rudimentaire d’un policier. Et pourtant… à le voir on croirait qu’il est un ancien de la CIA. C’est finalement assez drôle.
Il n’est pas tout seul dans ce film puisque une autre grande pointure lui donne la réplique. Pas n’importe laquelle, il s’agit de George Eastman. Je ne vous ferai pas l’affront d’un pamphlet sur cet acteur incroyable, brillant dans « The New Barbarians » ou encore… ah tiens, « 2019 après la chute de New-York ». Puisque celui-ci se tourne en 1983, c’est donc la deuxième fois que George tourne avec Michael. C’est le duo George Michael. Pardonnez cette blagounette de mauvais goût. Je ne voudrais pas me mettre les fans du chanteur à dos. Oui moi aussi j’aime beaucoup Georges Michael, paix à son âme.
Bon revenons à nos moutons, même s’il est difficile d’en trouver au cœur de la forêt. Donc, revenons à nos sangliers. George Eastman est toujours aussi impressionnant, avec un charisme lumineux, du coup notre pauvre Michael Sopkiw se fait tout petit face à son partenaire, écrasé par la forte personnalité de celui-ci.
Ce n’est évidemment pas la première fois que Eastman joue le rôle du méchant, mais il le fait ici en étant très touchant, ce qui rend le personnage moins détestable.

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Que retenir donc de « Blastfighter » ? Et bien tout simplement qu’il s’agit d’un film d’action qui se déroule dans la nature hostile et sauvage, un environnement qu’on apprécie d’avantage puisqu’il permet quelques prouesses intéressantes. Pas un mauvais film, mais pas un chef-d’œuvre non plus, « Blastfighter » se laisse néanmoins regarder avec beaucoup de plaisir.

Cédric Valentin

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