THE PROWLER

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Écrire une lettre de rupture peut s’avérer dangereux. Pas tellement pour celui ou celle qui en est l’auteur – bien que parfois un petit ami tenace peut faire des carnages – mais pour celui ou celle qui en est le destinataire… putain ça peut faire mal !
Parfois on pleure toutes les larmes de son corps, parfois on se prend une cuite monumentale, et parfois on pète littéralement un câble et on devient un psychopathe en puissance.
Du coup, c’est le scénario classique. Pulsions meurtrières, obsession pour des armes originales, et on veut toujours s’en prendre à la jolie fille qui, sous des airs pas très farouches, arrive à s’en sortir avec quelques bobos, mais non sans nous avoir cassé les oreilles à gueuler comme une possédée.

theprowlerDés lors que Rosemary écrit à son petit copain revenu de la guerre, celle de 40 pour être précis, voilà que celui-ci se met à tuer un pauvre petit couple venu se faire un petit câlin nocturne, pendant la grande soirée des finissants. Et là on est en 1945, alors imaginez lorsque on fait un bond en avant dans le temps, et qu’on arrive en 1980 ; les nunuches de Avalon Bay décident de recréer ce bal de fin d’études. Trente-cinq années après le drame qui est survenu ! La soirée s’annonce magique, mais un tueur rôde dans les parages. Vêtu d’un uniforme de soldat, couteau en poche et fusil à la main, il s’en va commettre son massacre.
L’adjoint du shériff et sa petite amie, dont le tueur a jeté son dévolu, s’uniront pour mettre fin aux agissement de ce psychopathe qui est bien décidé à ne pas foutre la paix aux petits jeunots. Quel enfoiré !

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Avec « The Prowler », titré aussi « Rosemary’s Killer », Joseph Zito signe un slasher post-Halloween qui ne suscite guère un grand intérêt, si ce n’est auprès des amateurs du genre. Pourtant, en cette année 1981, le film s’affiche partout et attire un public galvanisé peut de temps avant par Michael Myers.
Du coup, la déception dû être grande, car si le réalisateur est rempli de bonnes volontés, le scénario du film n’apporte pas grand chose. Joseph Zito sait toutefois distiller des atmosphères inquiétantes qui, par quelques tours dignes d’un magicien, manifestent un certain entrain qui joue admirablement sur nos nerfs.
Mais au final, et on a beau voir et revoir ce film, la grande question qui se pose c’est la relation entre le tueur et la protagoniste. Il n’existe pas de corrélation entre l’un et l’autre, que ce soit dans le passé ou dans le présent. Dés lors, quels sont les motivations du dit tueur ?
Je suis persuadé que vous aurez votre petite théorie, à condition de faire un calcul facile sur l’âge du tueur en 1945 et 1980. Enfin, c’est ma théorie, mais elle n’expliquera décidément pas pourquoi il s’en prend autant à la pauvre Pam, une « final girl » sympathique certes, mais qui aura beau hurler à corps et à cris elle n’a quand même rien à foutre dans cette histoire !

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Dans les faits, les acteurs n’aident vraiment pas à tendre vers le mieux. Pam, jouée par Vicky Dawson – vue la même année dans « Carbon Copy » – est complètement éteinte et ne fait ressortir absolument aucune émotion. Bon elle hurle plutôt bien, il faut lui reconnaître ça… mais bon putain… qu’est-ce qu’elle fout là ?
Christopher Goutman, l’adjoint du shériff, est l’archétype du dragueur notoire qui, bien qu’une idylle avec Pam se laisse sous-entendre, ne peut s’empêcher de courir le jupon. Le gaillard a plutôt bien fait de quitter le monde des acteurs pour se consacrer à la petite lucarne, en tant que producteur et réalisateur, à la fois sur des séries et des téléfilms.
Parce que soyons honnête, le jeu du chat et de la souris c’est bon un temps, mais là, c’est un peu lourdingue.
Et enfin, on peut y voir Farley Granger. Oui, celui-là même qui joua dans ce classique de Alfred Hitchcock, (la vache je suis fort quand même, j’arrive à placer Hitchcock dans une chronique de slasher), « La Corde », ou encore « L’Inconnu du Nord-Express ». Il endosse l’uniforme bien saillant du shériff vigilant… mais qui se barre de son trou pour aller pêcher alors que, quelques heures avant, on lui annonce qu’un tueur s’est évadé et se dirige vers sa gentille petite ville. Dans le genre responsable on repassera.

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Enfin, un brin de positif pour « The Prowler », en la présence de Tom Savini ! Ce génie fait encore une fois un travail bluffant sur les effets spéciaux, et sa retrouvaille avec Joseph Zito sur « Vendredi 13 : Chapitre Final » conjurera le sort, puisque cet opus de la célèbre saga fait partie des meilleurs.

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Au final, « The Prowler » est un film qui ravira les vrais amateurs du genre, les purs, les durs, les irréductibles. C’est évidemment un film à posséder si l’on fait partie de ces personnes. Même si la réalisation, bien que correcte, n’est pas révolutionnaire, cela reste un bon petit film B que l’on regarde avec humilité.

Cédric Valentin

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