DOOMWATCH

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Grande réflexion de notre époque, l’écologie est plus que jamais au centre des conversation. De meetings en réunions au sommet, de volontaires engagés auprès des ONG aux dignitaires politique, il est évident que pour en parler, ça, on en parle !
On se rend à Davos en superjet, on roule au pétrole,… Bref, on se demande si discuter autant autours de ce sujet sert encore à quelque chose, surtout avec quelques types qui s’avèrent sceptiques.
Mais cette question écologique, bien que récurrente à notre époque, n’est pas nouvelle. Dés le début des années 70, le cinéma s’empare du sujet, une façon comme un autre de s’engager dans ce combat.
Avec « Doomwatch », le réalisateur Peter Sasdy (Une Messe pour Dracula), prend lui aussi part à cette grande aventure.

182599_originalLe Docteur Del Shaw, employé à Doomwatch, une organisation de lutte pour l’écologie, est ainsi envoyé sur la petite île de Balfe, afin de mener une enquête sur une catastrophe écologique suite au naufrage d’un pétrolier. Sur cette île, il découvre une population isolée, victime d’un mal étrange qui, en plus d’une déformation physique importante, se montre aussi agressive. Les habitants sont hostiles à voir cet étranger débarquer chez eux, et le Docteur Shaw ne trouvera que la jeune institutrice pour alliée.
Shaw découvrira que les nombreux déchets chimiques et industriels jetés en mer, sont les principaux responsables de ce mal qui s’abat sur ce petit bout de terre. L’heure est grave, et la seule issue est l’évacuation de l’île. Mais Del Shaw se heurte à l’obstination de ses habitants, bien décidés à rester sur place !

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« Doomwatch » est l’adaptation de la série du même nom, produite par la BBC. Elle prend donc le chemin du grand écran en 1972, avec comme réalisateur le célèbre Peter Sasdy, connu pour avoir officié auprès de la Hammer.
Celui-ci s’éloigne volontairement de l’horreur, en insistant sur le côté très sérieux du film. En fait, on apprendra rapidement que ce mal existe vraiment, il s’agit de l’Acromégalie. Cette maladie qui déforme le visage, transforme les habitants de Balfe en êtres hideux, mais le réalisateur retarde l’apparition de ces derniers à l’écran, insistant plus sur les ambiances grisâtres et mystérieuses. Bien entendu, les « monstres » sont évoqués, ils apparaissent dans la pénombre sans jamais trop se dévoiler, mais leur présence est inéluctable face aux morts qui s’accumulent sur la petite île.

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Le message est on ne peut plus clair ! Il faut agir, sans quoi il sera trop tard. On détruit cette pauvre planète pour des questions de gros sous, on préfère ne pas penser aux conséquences de la pollution,… Des interpellations déjà légitimes à l’époque, et c’est d’ailleurs ce que la série initiale (inédite en France et en Belgique) mettait en exergue, en résolvant toutes les semaines une question d’ordre écologique. Pour marquer l’adaptation de « Doomwatch » au cinéma, les producteurs font appel à un acteur qui fera comprendre que le film de Peter Sasdy est bel et bien réservé au grand écran. C’est ainsi que Ian Bannen est choisi pour interpréter le rôle de Del Shaw. Au final, c’est un peu ce qui avait été fait en choisissant Peter Cushing pour jouer le Docteur, dans les deux « Docteur Who » adaptés pour le cinéma.

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Ian Bannen est une véritable big star en Angleterre, peut-être moins chez nous, quoique quelques rôle furent remarquables. Notamment dans « Le Marin de Gibraltar », aux côtés de Jeanne Moreau.
Il tient son rôle du Docteur Del Shaw avec une certaine prestance, relativement britannique, et ça on adore, tout en adoptant le comportement du gendre idéal. Une belle prestation donc, et pour lui donner la réplique, la délicieuse Judy Geeson, apparue dans « 10 Rillington Place », et qui joue donc cette jeune institutrice qui vient en aide à Shaw.
On verra aussi, dans un de ces derniers rôles, le grand George Sanders. Une très belle carrière pour cet acteur qui connu malheureusement quelques problèmes de boissons. On pu l’apercevoir dans « L’Aventure de Mme Muir », ou encore « Les Contrebandiers de Moonfleet »,… la liste est longue et le talent de George Sanders, encore aujourd’hui, ne se démentira pas. Dans « Doomwatch » il n’apparaît que furtivement, mais marque tout de même les esprits.

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On pourra donc dire que le début des seventies aura connu son lot de films engagés à la cause écologique. Comme « Soleil Vert » de Richard Fleischer pour ne citer que lui. « Doomwatch » n’a pas fait exception à la règle, et Peter Sasdy n’a pas failli à sa réputation en concevant un film aux allures fantastiques, mais tout en conservant une part d’intelligence dans la construction de celui-ci.
« Doomwatch » est longtemps resté inédit dans nos contrés, et sa sortie récente en DVD chez ESC Editions est un bel hommage rendu à un film d’une grande qualité !
Je ne peux que vous encourager à voir ce dernier, à l’apprécier à sa juste valeur et, qui sait, peut-être à vous sentir à votre tour concerné par toutes ces questions liées à notre avenir.

Cédric Valentin

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