GERALD’S GAME (Jessie)

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Stephen King est le nom incontournable de l’horreur. Il est aussi le nom que l’on voit partout ces derniers temps, dans diverses adaptations pour le cinéma, les séries et le e-cinéma. Bien évidemment « Ça », fait un carton et tient le haut de l’affiche. Surfant sur cette vague de succès, la plate-forme de streaming Netflix, ne comptait pas voir tomber l’oseille sans manger sa part du gâteau ! Très bientôt, elle adaptera une nouvelle du maître, « 1922 », mais c’est attelée avant cela au roman « Jessie », en confiant les clés du projet à Mike Flanagan.

Geralds-Game-movie-posterJessie et Gerald, un couple qui semble sans histoires, viennent s’isoler dans leur maison de campagne. Ce petit week-end a un prétexte : Retrouver cette vigueur sexuelle qui ne pimente plus leur quotidien depuis longtemps. Enfin, pas tout à fait, car si le problème d’érection de Gerald peut se résoudre, c’est en plongeant dans un jeu pervers. Il aime « étrangler » Jessie, la soumettre à son emprise, la contrôler. Putain, le mec a une trique d’enfer ! Pour l’occasion, il menotte sa belle aux montants du lit, mais avant d’avoir pu faire quoique ce soit, Gerald fait une crise cardiaque. Jessie se retrouve donc prisonnière, isolée, en proie à des hallucinations !

« Gerald’s Game » n’est pas seulement un film prônant le survivalisme, même si le thème s’en approche fortement. De facto, Jessie est à ce point isolée qu’il lui est vain d’appeler à l’aide. C’est là que le récit tant sa toile, tissant les multiples fils qui conduiront aux hallucinations de la protagoniste. Hallucinations ? Vraiment ? Car on se retrouve très vite à douter qu’il ne puisse pas exister une part de réel dans ses visions glaciales et angoissantes.
Loin de laisser courir le film sur ce seul attrait, le réalisateur et co-scénariste, tente une mécanique plus audacieuse. Il offre à Jessie la possibilité d’une introspection dans ses souvenirs les plus refoulés. Il lui permet de se comprendre, de s’analyser et d’appréhender son environnement. Mike Flanagan ne pose pas vraiment de frontières, s’emparant avec intelligence de ce que le récit lui permet de faire, pour assembler les pièces d’un puzzle qui donnent au spectateur la sensation de ne pas rester enfermer dans un seul univers.

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Mike Flanagan est donc un choix très assuré, et certainement le meilleur. Netflix l’a bien compris, après avoir signé « Ouija : Les Origines », « Oculus » ou encore « Hush », le réalisateur est assurément une valeur sûre pour le cinéma d’horreur. Au même titre que l’on qualifie Robert Eggers de nouveau chantre du genre, Mike Flanagan mérite amplement que l’on s’intéresse à lui. Et fort de le prouver avec cette adaptation, dans laquelle il dirige admirablement Carla Gugino. L’actrice est formidable, et le réalisateur en a capté l’essentiel pour l’exploiter avec justesse, créant une forte interaction avec la caméra.
Carla Gugino, face à ses doutes et ses peurs, se contient dans un univers de plus en plus délétère. Faut-il alors l’admirer ou la plaindre ? C’est un peu des deux, comme l’actrice le joue d’ailleurs si bien.

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Pour explorer le psyché de son héroïne, Flanagan compose avec des images d’une forte cinégénie, définissant le traumatisme vécu par celle-ci à travers une éclipse solaire. C’est à la fois sublime et anxiogène, mais putain… quel talent !
Talent qu’il exploite jusque dans l’incrustation de scènes à la limite du « gore », ne tombant dés lors pas dans le cliché ou dans la « recette facile », chez Mike Flanagan, tout à son importance et rien n’est laissé au hasard.
Pas même l’intervention fantasmagorique de la mort, jouée par Carel Struycken – toujours impressionnant par ses 2,13 mètres et son visage osseux – qui ne serait qu’une illusion de Jessie. N’en dévoilons pas plus, ce serait vous gâcher le plaisir de vous extasier devant le travail méticuleux du réalisateur.

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« Gerald’s Game » ou « Jessie », c’est comme vous préférez, mérite le détours tant son intensité va vous émouvoir. Et puis, c’est tout de même assez rare de voir adapté l’un des rares romans « féminin » de Stephen King, dans lequel la protagoniste est loin d’être une psychopathe à la Annie Wilkes !
Il ne vous reste plus qu’à mater le film, ou prendre un abonnement à Netflix !

Cédric Valentin

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