IT’S ALIVE – La Trilogie

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Oubliez le beau bébé aux joues roses et au sourire angélique. Car, voyez-vous, il existe aussi des nouveaux-nés difforment, aux pulsions animales, dont la laideur n’a d’égal que leur cruauté : après ça, votre envie d’engendrer un chiard devrait être toute relative. Et quand bien même l’envie vous prendrait, seriez-vous seulement capable de rejeter la culpabilité qui soudainement vous ronge ? Pourrez-vous aimer cet enfant, de l’amour inconditionnel qu’un parent puisse porter à sa progéniture ?
La science pourra t-elle apporter une réponse à vos questions ? Les monstres que nous allons évoquer, eux, se fichent royalement de les connaître : leur priorité ? Survivre en bouffant quelques chaires humaines au passage, avant de retrouver les doux bras aimant de leur maman !

its_alive_xlg1974, Lenore Davies et son mari Frank sont en route pour l’hôpital. L’arrivée de leur deuxième enfant est imminente, mais la mère sent qu’il y a un problème. Dans la salle d’accouchement, elle met au monde un enfant difforme, aux proportions gargantuesques, et belliqueux à souhait. A peine a t-il vu le jour, qu’il provoque déjà un carnage bien sanglant en déchiquetant le corps médical présent. Frank, qui refuse de le considérer comme son fils, aidera la police à l’éliminer. Mais l’amour d’un père, lorsqu’il est pour la première fois face à son enfant… l’émotion prend le dessus. Le droit que de tels enfants puissent vivre devient un combat quotidien pour l’homme. Sont-ils dangereux, ou juste apeurés ?
1978, Jody Scott s’apprête à mettre au monde son premier enfant. Frank Davies a fait le déplacement, afin de l’avertir, ainsi que son mari Eugène Scott, qu’ils vont avoir un bébé anormal : il veut les aider avant-tout, eux, comme le bébé qui arrive. Tout est déjà en place pour que la jeune femme accouche sans danger. L’enfant sera placé, parmi d’autres, dans une maison isolée aux bons soins de quelques scientifiques désireux de les préserver.
1986, Ellen accouche, seule, sur la banquette arrière d’un taxi. Le policeman qui lui vient en aide, ainsi que le taximan, seront assassinés sauvagement par son nouveau-né. Son époux, Jarvis, souhaite que le tribunal qui doit sceller le sort de ces bambins, ne les condamne par à mort. Plutôt, faudrait-il leur trouver un endroit où vivre, sans être persécuter par ceux qui veulent leur perte. Ils sont envoyés sur une île, qui au bout de quatre ans voit débarquer une équipe de chercheurs. Leur souhait est des capturer les monstres, mal leur en a pris. Plus tard, un nouveau juge décide d’envoyer une délégation, dont Jarvis fait partie, afin de constater ce qu’il est advenu des locataires du lieux. Sans le savoir, il vient de leur offrir leur billet de retour pour le continent !

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Larry Cohen n’est pas seulement connu comme étant le créateur de la célèbre série : « Les Envahisseurs ». Où David Vincent fut assez con pour chercher un raccourci qui n’existait pas, et tomber alors sur des êtres venus d’une autre planète. Assimilés aux humains, l’invasion peut commencer !
C’est important d’en écrire les grandes lignes, pour se rappeler que le bon vieux Larry est à la fois inventif, empruntant aussi les chemins de la satire, qu’il se plaît à faire évoluer au gré de ses inspirations. Il suffit de se re-mater « The Stuff » ou encore « Ma Belle-Mère est une Sorcière » pour en être convaincu. L’homme s’est d’avantage illustré dans les films à petits budgets, de l’horreur bien B entre autre, ou du thriller efficace avec le génialissime « L’Ambulance » en 1990. Avec Eric Roberts, et monsieur Victor Newman, alias Eric Braeden (ou est-ce l’inverse?) de la série pour vioques : « Les Feux de l’Amour ».
C’est pourtant bien avec sa célèbre trilogie « It’s Alive » que l’homme commence à se faire un joli nom dans le milieux bissophile. Chez nous, ces films furent distribués avec les titres « Le Monstre est Vivant » pour le premier, « Les Monstres sont toujours Vivants » pour le second, et le dernier volet : « La Vengeance des Monstres ».
Entendons-nous sur le mot célèbre. Elle le fût surtout chez les aficionados des vidéo-clubs, qui eurent de quoi se mettre sous la dent. Certainement autant que les charmants bambins !
Dans son premier film, le réalisateur, qui est aussi le scénariste, aborde clairement le thème de la différence et du comportement des parents face à celle-ci. Ce qui, dans les premières minutes, s’apparente à une charmante petite histoire de famille, un brin mélo-dramatique, se transforme rapidement en cauchemar.
Nul besoin, budget oblige, de dépenser des fortunes en effets spéciaux. Il faut dire aussi qu’en cette année 1974, le studio Warner, se voit opérer un changement de direction : les nouveaux dirigeants voyant d’un très mauvais œil cette nouvelle série B. Du coup, rien d’étonnant à ce que le budget se voit légèrement raboté. Tout de même, c’est Rick Baker qui est en charge des specials effects. Bien avant de travailler sur le premier « Star Wars », cet artiste incroyable s’attaque à déformer des bébés. Mais quel sadique !
Dans ce premier métrage, on aperçoit que très furtivement ce baby monster, qui ne laisse entrevoir son abomination que quelques secondes. Cohen joue ainsi sur les ambiances, souvent de nuit, laissant s’infuser l’anxiogénéité liée à l’enfant. En poussant plus loin, il nous permet même de prendre un instant sa place, adoptant le point de vue subjectif. Et ça en rajoute au trouillomètre !
Si ce premier opus relève d’un bon scénario, plutôt bien construit – malgré un Frank Davies archétypale – qu’en est-il des deux autres suites ?

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Le Second volet sortira en 1978, adoptant les grandes lignes du précédent. Larry Cohen utilise une approche quasi identique, ce qui en fait une suite formelle et logique. Elle ne présente d’intérêt que par le chemin un peu différent qu’elle emprunte : plus d’humanité et un combat de tous les instants pour laisser vivre ces petits êtres, malgré leur relative appartenance à notre monde. Pour peu, on se croirait face à un message anti-avortement propulsée par la délicate Christine Boutin !
Bref, l’histoire se répète, avec une autre famille, et on a le loisir d’apprécier le travail de Rick Baker plus longuement. En fait, quelques plus longues secondes ci et là… c’est déjà ça !
Le troisième film débarque en 1986, et Dieu seul sait que les années 80 furent une décennie folle sur le plan cinématographique. Larry Cohen ne pouvait pas passer à côté et profite de cette ambiance électrisante pour la conception de cet ultime aventure. Plutôt que d’étoffer son scénario, il le laisse partir dans tous les sens, le rendant d’une fadeur indescriptible – de quoi filer la jaunisse – préférant le chemin du sensationnalisme visuel. Ainsi, nous faisons la connaissance des cinq gamins qui furent abandonnés sur l’île, qui eurent bien le temps de grandir. Tout est alors prétexte à les voir à l’écran, du moins, dans la seconde moitié du film. Le long prend ainsi le chemin de la vulgaire chasse aux monstres, d’abord à travers la jungle humide, puis la jungle urbaine.
Pour autant, on ne te jette pas la pierre Pierre… enfin Larry, car le film répond aux attentes du spectateur des eighties : monstres humanoïdes sanguinaires, humour pathos et un peu de cul.

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Finalement, on ne lui en demandait pas moins, et Larry Cohen aura vachement assuré sur cette trilogie. Un réalisateur qui aura su marquer de son empreinte une époque qui voyait naître un peu de tout en terme de cinéma et de vidéos ; portant haut l’étendard du bis ricain !

Dr. Vornoff

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