BEYOND TOMORROW

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Chef-d’-œuvre récemment redécouvert, le film de Edward Sutherland, réalisé en 1940, nous invite dans la plus pure tradition des histoires de Noël.
C’est le soir du 24 décembre. Trois hommes, fortunés, attendent des invités qui ne viendront jamais. Pour ne pas rester seuls, ils imaginent un subterfuge qui aura pour but de titiller le hasard d’une rencontre. Vont alors apparaître deux jeunes gens, James et Jean. Ils vont tomber amoureux, à la plus grande joie des trois hommes, qui vont se lier d’amitié avec leurs invités. Alors qu’ils doivent prendre un avion, les trois hommes périssent dans un accident, et reviennent sous la forme de fantômes. Là, ils s’aperçoivent que le couple qu’ils ont tant aimé, est sur le point de se déchirer. Ils vont alors tout faire pour empêcher que cela n’arrive.

Beyond TomorrowAvec ce conte fantastique, nous explorons ce qu’il y a de meilleur en nous. « Beyond Tomorrow » n’est pas une apologie du fatalisme, d’ailleurs elle s’inscrit aux côtés de productions telles que : « Miracle sur la 34ème Rue », ou encore « La Vie est Belle ». Il y a un subtil mélange de tendresses et d’émotions, qui dégagent alors un optimisme presque miraculeux. Après-tout, les miracles de Noël, ça existent !
Il sera difficile de passer à côté de ces trois fantômes, rappelant un certain « A Christmas Carol » de Charles Dickens, mainte fois adapté au cinéma et à la télévision. Même si, eux, ne se revendiquent pas du passé, du présent et du futur, leur mission est fondamentalement la même. Remettre dans le droit chemin une pauvre âme égarée. Il est tellement facile, pour James, venu de sa campagne, de succomber aux charmes d’une autre femme, quand celle-ci lui offre la possibilité de toucher un peu plus son rêve. Nos trois esprits : George, Allan et Michael, n’auront pas besoin d’un Jacob Marley pour commanditer la rédemption d’un homme. Cette mission, ils vont la mener, tout en découvrant une part d’eux-même qui doit les conduire aux ténèbres, ou à la lumière.
Une approche somme toute classique, nos actions sur terre seront jugées à notre mort. Mais plus que cela, il s’agit d’avantage pour eux de cultiver cet altruisme jusque dans leur trépas.

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L’éditeur Artus Films a donc eu la bonne idée d’éditer une galette, au travers de leur collection « Les Classiques ». Une édition toute simple, sans fioriture, mais qui nous permet de découvrir le très beau travail de réalisation de A. Edward Sutherland, qui dirigea entre-autre Laurel & Hardy.
Doté d’un sublime noir et blanc, grâce à la photographie maîtrisée de Lee Garmes, l’ambiance de Noël est ici retracée avec poésie et dans une ambiance que l’on sent chaleureuse. Dés les premières minutes du film, on vit intensément cette préparation de réveillon, tout autant que le soirée qui en découle ensuite. Bonne humeur, chants de Noël et joie d’être réunis en cette belle nuit. La recette du bonheur ? Peut-être bien.
Le solide scénario de Adèle Comandini, consolide le film, et pallie ainsi aux petites faiblesses qui pourraient résulter du vulgaire conte moraliste. Elle apporte une densité non négligeable aux personnages, et même si cela vous semble désuet aujourd’hui, on prend conscience qu’il en fût autrement à l’époque. La scénariste compense le ton léger avec une vraie dramaturgie qui sert admirablement le fond de l’histoire. On se surprend alors à se laisser envoûter, sans jamais en demander plus. Le spectacle qui nous est offert est d’une grande beauté, on l’admire et on profite.
Bonheur et allégresse de retrouver au casting Maria Ouspenskaïa ! Aperçue dans de nombreux seconds rôles, elle démontre ici un talent sans faille, donnant la réplique avec justesse, à des acteurs aussi chevronnés que : Harry Carey, C. Aubrey Smith et Charles Winninger. Une actrice qui mériterai amplement d’être redécouverte !

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« Beyond Tomorrow » est assurément un film qui plaira aux amateurs de contes fantastiques, mais aussi aux cinéphiles qui prendront un certain plaisir (pour ne pas dire un plaisir certain), à la découverte d’un film techniquement aboutis. Il faut bien le dire, le jeu de transparence est bluffant.
Le long de Edward Smith, grâce à sa récente édition en DVD (titré Au-delà de Demain), peut désormais revendiquer sa place parmi les incontournables de Noël, à voir religieusement tous les ans. Non pas par obligation, juste pour le bonheur qu’il nous procure.

Cédric Valentin

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