JEEPERS CREEPERS – Le Chant du Diable

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Il faut bien l’avouer, il y a des films d’horreur qui ont de la gueule !
« Jeepers Creepers » fait inévitablement partie de ceux-ci, tant il a marqué une génération de gens, pour qui le visionnage du film de Victor Salva fut inoubliable !

afficheDés le premier plan, le silence, et une route déserte. Le paysage est semblable à ces campagnes paisibles, où jamais rien ne se passe. Le silence commence à se rompre, doucement, à l’approche d’une voiture. Elle arrive droit sur nous, et retentit alors les paroles du couple présent dans l’habitacle.
Trish et Darry, respectivement frère et sœur, voyagent ensemble afin de se rendre chez leur parent, dans un petit comté perdu au milieux de nul part.
L’ambiance est au beau fixe dans la vieille voiture de Trish, conduite par Darry, et rapidement on comprend qu’il y a entre eux une grande complicité. Le jeune homme est légèrement frondeur, intrépide et parfois maladroit, tandis que Trish est posée, alerte et pleine de bon sens.
Arpentant gaiement le macadam, sous un soleil de plomb, cette douceur de vivre va être mise à mal par un chauffard. Dans son vieux camion, rouillé et ne laissant entrevoir le visage de son conducteur, roulant à vive allure, celui-ci colle de près la voiture des jeunes gens. Usant en abondance de son klaxon, il instaure soudain la méfiance, avant de céder à une peur panique. Darry et Trish ne comprennent pas ce qu’il est train de leur arriver. Plus de peur que de mal ? Le camion finira tout de même par les dépasser, pour tracer la route !
Sentant enfin le moral revenir, nos jeunes gens ne bénéficieront pourtant que d’un court répit. Plus loin, longeant les abords d’une vieille église à l’abandon, ils surprennent leur assaillant qui s’adonne à une drôle de pratique. Il transporte ce qui semble bien être un corps, enroulé dans un drap blanc, bien ficelé, pour ensuite être « jeté » à travers une conduite.
Mais ce n’est pas le seul point étrange, puisque le frère et la sœur peuvent apercevoir la silhouette du pilote. Long manteau sombre et chapeau de grande taille, il semble que celui-ci cherche à dissimuler son visage. Remarquant la présence indésirable de Darry et Trish, voilà notre homme qui saute dans son mastodonte motorisé, afin d’entamer une course poursuite effrénée. Décidément, à croire que nos sympathiques jeunots sont nés sous une bonne étoile, tout cela se terminera dans un champs, laissant partir au loin l’infâme personnage et sa monture d’acier !
Pour Trish, c’est assez ! On reprend la route, et vite à la maison. On va pas moisir ici quand même ! Darry, lui, ne voit pas les choses du même œil. Poussé par un courage dont on a peine à croire, presque autant que sa sœur, il décide de rebrousser chemin, bien décidé à visiter l’antre du bourreau, pour venir en aide à sa victime. Invectivant sur son frère, Trish fini par céder face à la détermination, assurément un peu bête, de Darry.
Sur place, frère et sœur constatent une odeur nauséabonde, venant du fond du trou dans lequel le corps fût déverser. Plongeant à son tour, par accident, au fond de celui-ci, Darry y découvre l’horreur : des corps, mutilés pour la plupart, dépossédés de leurs organes, gisent partout dans cette cave.
Par chance, le jeune homme arrive à sortir de cet enfer ; traumatisé, au point d’être moins éloquent qu’en début de film, il faut impérativement prévenir la police. Dans ce « diner » où frère et sœur s’arrêtent, ils reçoivent un étrange coup de fil, une femme qui ne les connaît pourtant pas, est pourtant capable de les nommer. Elle leur explique qu’ils sont confronté à un démon qui, tous les vingt-trois ans, revient pendant vingt-trois jours, afin de se nourrir. Pour retrouver sa force, il mange les organes des êtres qu’il enlève : les yeux pour voir, le nez pour respirer, les cœurs pour vivre plus longtemps !
Ce démon, le Creeper, ainsi nommé, va maintenant traquer ses proies. Trish et Darry vont alors vivre une nuit de peurs et d’angoisses, se défendant contre les attaques de l’être maléfique. Mais le bougre est coriace, et pour mieux choisir ses victimes, il provoque leur peur afin de « sentir », l’odeur qu’elle dégage. Qui de Trish ou de Darry sera sa victime ?
Lorsqu’ils arrivent au poste de police du comté voisin, les événements vont se précipiter. Sans relâche ils seront traqués, jusqu’au dernier moment !

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« Jeepers Creepers » joue habillement la carte de l’hommage aux films des années 80 et 90, en mettant en vedette deux jeunes ados, des individus lambda, roulant sur ces interminables routes, où rien ne semble vouloir perturber la quiétude de la campagne environnante.
Pourtant, et c’est bien connu, il se cache toujours bien, dans un recoin, une vieille légende urbaine, une vieille histoire morbide, une vieille affaire jamais élucidée. Mais qui aurait pu imaginer qu’un démon s’amuserait à arpenter le bitume, à la recherche de quelques chairs fraîches ? Certainement pas Trish et Darry !
Tout cela étant réuni, vous obtiendrez alors l’essence même du récit : un jeu du chat et de la souris suffisamment glauque et diablement efficace. Et ne croyez pas que « diablement » puisse s’avérer un mauvais jeu de mot… enfin, peut-être inconsciemment alors. Il faut tout de même avouer que, dés les premières minutes, on se prend au jeu et on rentre plutôt rapidement et aisément dans l’histoire.
Si le film, produit entre-autre par Francis Ford Coppola, s’avère relativement classique sur le fond, il nous réserve aussi quelques bonnes surprises. Alors que tout semble prouver qu’il s’agit d’un bon vieux slasher, le métrage prend une direction opposée, révélant subtilement sa vraie nature en dévoilant la vérité sur le tueur. Histoire de dissiper les doutes qui subsisteraient encore, l’intervention de la voyante, racontant la légende du Creeper, viendra confirmer la nature mystique du film.
Notre intérêt se portera dés lors d’avantage sur la frère et la sœur, où l’on tentera de deviner quels subterfuges ils comptent utiliser pour préserver leur vie. Il faut dire que, concernant le Creeper, sa motivation étant connue, il se retrouve un peu en second plan ; et si on ajoute qu’il ne se renouvelle pas spécialement dans l’élaboration du plan qui doit piéger les deux héros, sa présence n’assure alors que la transition des séquences de Trish et Darry.
Victor Salva, à la fois réalisateur et scénariste, sait tout de même y faire pour galvaniser le spectateur en attente de sensations fortes. Tour à tour, il y aura de formidables courses poursuites, des séquences effrayantes et quelques révélations bien placées qui feront leur effet.
Pour donner de la consistance à son film, le réalisateur optera pour un Creeper plutôt saisissant, et au vue de la réaction de l’actrice Gina Philips (bon sang ce qu’elle est canon elle), on comprendra mieux pourquoi. Lorsque ce dernier sera saisi par la caméra, qui prendra son temps pour le détailler, on ressent d’instinct le choc des deux acteurs. Car, oui précisons-le, ni Gina Philips, ni Justin Long, n’auront eu le privilège, avant leur première scène, de voir l’horrible maquillage de ce démon campé par Jonathan Breck.
Résultat tout aussi interpellant pour nous, même si, parfois, on a plus l’impression de se trouver dans un épisode de génialissime « Contes de la Crypte ».
N’y voyez pas là un faux pas, « Jeepers Creepers » ne s’en trouve nullement blessé.

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Avec son rythme soutenu et sa mécanique bien huilée,… non je ne parle pas du camion du Creeper, le long métrage de Victor Salva, sorti en 2001, aura droit à sa suite en 2003. Si on y réfléchit bien, peut-on parler de suite ? Certes, les événements du second opus se déroulent quelques jours après les tribulations de Darry et Trish, mais ce volet mettra en vedette d’autres personnages, plus ternes et totalement inintéressants. Le but ? Faire confronter une dernière fois le Creeper à des victimes potentielles, avant que celui-ci ne retourne dans les entrailles de la terre. Victor Salva réitérera en 2017 en nous offrant un troisième volet, cette fois une suite directe du premier puisqu’il débute juste après sa séquence finale. C’est la chaîne « SyFy » qui fut la première à le diffuser, en octobre 2017 pour être précis. On attend bien sûre une diffusion prochaine chez nous !

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Aujourd’hui encore le premier volet de « Jeepers Creepers » se regarde avec autant de plaisir qu’au moment de sa première découverte. S’assurant un petit statut de film culte dans son genre, il révèle dix-sept ans après une saveur toute particulière : celle d’une époque où le film d’horreur pouvait s’avérer simple – sans être péjoratif – en évitant de s’aventurer dans les méandres de l’intellectualisme à outrance, ni même de vouloir être avant-tout un film contemplatif, en tentant de distiller une atmosphère anxiogène, au détriment d’un bon scénario.
Avec « Jeepers Creepers », on s’installe et on profite du spectacle ! Et ça, franchement, c’est un putain de bonheur !

Dr. Vornoff

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