GRACE

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Un jour, une maman raconta à son fils qu’elle avait donnée naissance à des jumeaux. Et donc, que ce fils avait un frère. Mais une tragédie frappa cet heureux jour, car l’un des enfants mourut. Plus tard, ce fils est devenu cinéaste, et il s’inspira de cette histoire pour, à son tour, raconter un moment tragique de la vie d’une femme devenue mère. Sauf que, cette fois, un miracle se produisit… à moins qu’il ne s’agisse plutôt d’une malédiction !

grace-posterLa scène s’ouvre sur un couple en plein ébat. Madeline Matheson, l’épouse tranquille et gentille, paraît subir sans plaisir les coups de reins de son époux.
Il en résulte pourtant quelque chose de positif : Madeline tombe enceinte.
De quoi ravir le couple, mais aussi la belle-mère de la future maman, qui voit l’opportunité de se mêler des affaires de sa bru, lui conseillant par ailleurs le gynécologue de famille.
Madeline, elle, n’a aucune confiance dans les médecins, encore moins dans les hôpitaux. Adepte du bio, de la vie saine à coup de yoga, et de l’accouchement naturel, la jeune femme fait appel à une ancienne amie : Patricia Lang. Une sage-femme qui est propriétaire de sa clinique, un lieux où l’on pratique l’accouchement façon feng-shui. De quoi susciter un sentiment étrange, face à cet endroit aseptisé, tout autant que sa propriétaire, lesbienne assumée dont on comprendra rapidement le lien qui l’unissait à Madeline. Celle-ci ressent un soir des douleurs dans la poitrine ; son mari l’accompagne aux urgences, malgré les réticences de la future mère. Si le diagnostique n’est autre que des calculs biliaires, Madeline pourra regagner son domicile dans la soirée.
Sur la route, elle et son mari sont victimes d’un accident. Seule survivante, la première inquiétude de Madeline est envers son enfant ; la jeune mère perdant du sang en abondance. Le verdict sera sans appel : l’enfant est mort !
Madeline prend tout de même la décision de porter son bébé à terme. Le jour J, lorsqu’il arrive, le désarroi profond de la maman est à ce point extrême, qu’elle en Patricia et de son équipe, l’enfant revient à la vie. C’est une fille, elle s’appellera Grace !
De retour chez elle, Madeline remarquera vite les premiers effets de ce retour d’entre les morts. Tout d’abord, la présence de mouches, attirées par l’odeur pestilentielle se dégageant du nouveau-né. Ensuite, lors de l’allaitement, le goût prononcé de Grace pour le sang et la chair font comprendre à Madeline la vraie nature de son enfant. Pour survivre, Grace n’a pas besoin de panades et autres purées pour bébé, il lui faut bien plus,… toujours plus !

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« Grace » début finalement de façon très classique : un couple dont on ressent un certain malaise, se rapprochent lorsqu’ils attendent un heureux événement.
Ce sentiment ne disparaît pour autant pas, du moins chez nous, car face à la singularité de la future mère, on a du mal à se positionner. Cette baba cool qui ne jure que par le bio, alors qu’elle bouffe assurément tout un tas de cochonneries, aura très tôt tendance à nous déstabiliser. Les événements qui suivront ne feront que le confirmer.
Toute la première partie du film se déroulent ainsi, dans un rythme lent qui se veut avant-tout moraliste. Madeline étant constamment branchée sur la chaîne animalière, c’est pour mieux nous asséner ce sempiternel discours du traitement infligé à l’animal, afin de nous conscientiser sur les dérives d’un marché de plus en plus mercantile.
Des séquences qui parsèmeront le long métrage, sans jamais prouver une quelconque corrélation entre ces faits et la situation vécue par Madeline. Peut-être est-il évoqué, de façon détourner, que la (re)naissance de Grace ne devrait pas être accordée à un miracle, mais bien à des substances délétères que nous ingurgitons tous les jours avec notre nourriture. On est dans un film écolo ou quoi ?
Une fois dépasser ces étranges coïncidences – qui n’en sont certainement pas – on s’attend à ce que, enfin, le film passe la deuxième. La troisième ne serait pas un luxe,… mais bon ne soyons pas trop exigeant.
Ah si ! Il aurait fallu bon sang ! Il s’avère que les considérations de Paul Solet, réalisateur/scénariste, à ce sujet ne soient pas identique aux nôtres !!! L’histoire de sa maman l’aurait-elle à ce point traumatisée ? Impossible à dire, mais l’homme appuie un peu plus sur le frein, conduisant la seconde partie du film dans un enchaînement de scènes répétitives. Les allées et venues de Madeline, ainsi que les apparitions furtives de sa progéniture, susciteront quelques nausées chez les spectateurs, frappés par un ennui si profond qu’ils « tournicoteront » au point d’en avoir le mal de mer. Et le mal de mère aussi, à l’égard de Madeline.
Le voile est dés lors très vite levé sur la véritable nature du bébé, et Paul Solet ne nous réservera plus aucune surprise, laissant son film s’enliser en le transformant en une berceuse insupportable !

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Jordan Ladd, qui campe Madeline, ne viendra pas en aide au réalisateur. Elle contribue par ailleurs à la chute du métrage, en jouant avec exagération sur les sentiments exacerbés de son rôle de mère. C’est à ce point affligeant qu’elle en devient ridicule, et c’est suffisant pour qu’on arrête de la prendre au sérieux.
Cette chute, on peut l’attribuer également au scénario. Se fondant sur des clichés chaque fois plus présents, les quelques petites scènes qui auraient pu se révéler intéressantes, passent aussitôt inaperçues.
Le cas Samantha Ferris n’est pas mieux, puisque l’interprète de la sage-femme n’est d’aucun secours. Bien qu’importante au début, il aurait même été possible de développer un peu plus son personnage dont on ressent un certain potentiel, on finira par se demander ce qu’elle fait là. Les rares apparitions en seconde partie ne servant à rien, sinon qu’à nous rappeler qu’elle existe, pour ainsi mieux préparer le final de ce laborieux projet.

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On terminera « Grace » avec la certitude qu’il n’y a rien à sauver ! On perd tout simplement 1h20 de sa vie, et à ce tarif là, j’avoue préférer me refaire une séance de « Bébé part en Vadrouille », au moins là, l’improbable avait un sens.

Dr. Vornoff

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