I WISH

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Avec un postulat de départ assez fiable, on se rend vite compte que « I Wish » va jouer la carte du stéréotype de l’adolescence, et donc de la difficulté de trouver sa place. Des arguments qui viendront conditionner notre esprit, afin de nous préparer aux événements qui suivront.
Et bien qu’à cela ne tienne, embarquons et voyons un peu où tout cela va nous mener !

image012Claire Shannon est une petite fille chevauchant innocemment sa bicyclette, accompagnée de son chien. Un joli tableau qui augure une belle histoire de famille. Les ténèbres tomberont très vite, car déjà la maman de la petite fille semble fragile. On la voit d’ailleurs balancer à la poubelle une serviette, renfermant ce qui semble être un objet. Claire, après sa petite ballade, rentre dans la maison qui lui paraît bien vide. Sa maman ne répond pas à ses appels, mais elle entend bien du bruit à l’étage. Atteignant le grenier, la fillette aperçoit sa mère pendue au bout d’une corde !
Quelques années plus tard, Claire est âgée de 17 ans. Elle est hantée par le souvenir de cette douloureuse journée. Ados mal dans sa peau, vivant avec son père, un ferrailleur, elle est la souffre-douleur de la pimbêche du lycée et de ses amis. Seules June et Meredith sont proches de Claire, ainsi que Ryan qui rêve secrètement de sortir avec elle.
Alors qu’elle vient de passer une après-midi difficile à l’école, le père de l’adolescente lui offre une boîte, trouvée dans une poubelle, arborant des symboles chinois que Claire, qui apprend justement la langue, ne peut interpréter. Il y a juste cette phrase, parfaitement lisible, qui lui apprend qu’elle a désormais droit à sept vœux. Et puisqu’elle vient de se bagarrer avec la fille populaire, qui pousse le vice en la harcelant sur les réseaux sociaux, Claire va souhaiter que son ennemie se mette à pourrir !
Contre toute attente, le désir de la jeune fille se réalise. Mais elle apprendra aussi qu’un vœu n’est pas gratuit. Pour un exécuté, une personne lui étant proche doit mourir, et pas tranquillement dans son sommeil, plutôt dans d’atroces souffrances. Claire en apprendra un peu plus sur cet objet, comprenant qu’elle aussi n’est pas à l’abri de cette diablerie !
Au bout du septième souhait, la boîte réclame son dû. Et Claire devra alors ruser pour échapper à ce fardeau !

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Le thème de l’adolescente blessée dans sa chair n’est pas tout à fait nouveau. Je l’ai dit plus haut, la panoplie est complète et rien ne manque pour faire de Claire cette jeune fille sur laquelle on s’attendrit, lui louant presque le Seigneur en justifiant ses actes. Et par actes, j’entends bien évidemment les souhaits qu’elle va formuler. Oui, l’adolescente a fait les beaux jours de l’horreur, souvenez-vous de « Carrie » ! Sur le fond, elle à vécu à peu près la même chose, et son désir de vengeance la conduira à déclencher un bain de sang.
Dés lors, lorsqu’une production, datée de 2017 en l’occurrence, souhaite rivaliser d’inventivité, elle a tout intérêt à sortir les griffes pour se démarquer.
C’est là que, malheureusement, « I Wish » montre ses limites.
Bien que le film ne soit pas mauvais, il ne se ré-invente pas non plus. Il en avait assurément tout le loisir, car la boîte à souhait, dont on évoque que très succinctement l’origine, aurait méritée que l’on approfondisse sur celle-ci.
Il aurait été tellement intéressant de duper le spectateur, pour ainsi enrichir le suspens de quelques scènes bien glauques, plutôt que lui asséner ce qu’il a déjà vu. On se doute trop bien qu’il y a toujours un revers à la médaille des souhaits formulés.
Ainsi, lorsque la malédiction frappe Claire, on se lamente un peu. Les zones d’ombres disparaissent, et le message résonne alors très clairement : inutile de pavoiser longuement, les desiderata de la jeune filles sont limpides, et le scénario s’applique alors à renforcer l’égocentrisme de sa protagoniste. Sa meilleure amie aura tôt fait de lui faire remarquer.
Le point positif, c’est d’assister au sort qui sera réservé aux proches de l’adolescente. Quel sort atroce attend ces derniers ?
Bon, je dois avouer que l’on se sent un peu, mais juste un peu hein, dans un énième opus de « Destination Finale ». Sauf que visuellement, nous sommes épargnés de toutes scènes gores, ou légèrement scabreuses. Quelques séquences suggestives créeront tout moment un petit sentiment anxiogène, et comme on joue de malchance, celui-ci se dissipera bien trop vite.

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Le réalisateur, John R. Leonetti, à qui l’on doit le premier volet de « Annabelle » (et aussi « Mortal Kombat » ! Aaaah, Christophe Lambert), s’enlise un peu dans une panade qui a certes bon goût, mais qui manque vraiment de consistance. Sa réalisation est plutôt scolaire, manquant d’envergure et préférant jouer la sécurité sans jamais dépasser ses limites. Quelques fautes de goûts, parfois un cadrage hasardeux et un éclairage qui l’est tout autant, viennent ponctuer le travail de Leonetti.
Heureusement, le rythme en lui-même sauve le réalisateur du désastre. Il ne laisse pas tomber, inventant toujours de nouveaux souhaits qui conduiront à l’inévitable catastrophe, le tout s’enchaînant d’une façon très mécanique, sans être pour autant dérangeant.
Joey King, aperçue dans « Conjuring : Les Dossiers Warren », et « Independance Day : Resurgence », ne s’en tire pas trop mal dans le rôle de l’ado persécutée. Même si cette dernière semble avoir parfois du mal à se calibrer sur les sentiments de son personnage, on louera sa prestation qui est juste et dans le ton.
C’est chez Shannon Purser qu’il faut aller chercher le pacte d’excellence. Souvenez-vous… petite musique « gling-gling »… Shannon Purser joua, le temps de quelques épisodes, le rôle de Barbara dans l’excellente série qu’est « Stranger Things ». Bien que second rôle dans « I Wish », jouant sur le registre de la fille bien comme il faut, ses apparitions sont remarquables, et on ressent cette volonté d’être très professionnelle pour briller à l’écran. Son physique, un brin atypique, la rend assez populaire et il ne serait pas exagérer de dire que de nombreuses portes s’ouvriront à elle.

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Si vous n’aviez qu’un seul vœu à formuler, ce serait de faire fît des petits aléas qui empêchent « I Wish » de s’imposer dans la cour des grands.
Il faudra visionner le long métrage comme un divertissement, oubliant votre désir de vous faire peur. Laissez-vous glisser dans votre fauteuil, et pendant 1h30, détendez-vous devant ce petit film parfaitement louable.

Dr. Vornoff

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