AMERICAN HORROR HOUSE

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Les histoires de Sororités sont souvent aussi passionnantes que de regarder un chat se balader sur un mur. Pour les rendre un tant soit peu intéressantes, il faut savoir sortir des sentiers battus, et oser s’aventurer dans le paroxysme du cliché des images renvoyées par ces demoiselles : des fêtardes nunuches qui se livrent la plus grande rivalité de leur vie, à savoir, qui sera la plus populaire.
Quelques films réussirent ce pari, se hissant alors dans la très sélecte liste des films cultes. « The House on Sorority Row », ou encore « Sorority Babes in the Slimeball Bowl-o-Rama »,… des productions qui avaient alors opté pour le slasher, nous offrant quelques scènes bien sadiques où l’on pouvait assister au meurtre bien sanglant de quelques jeunes filles qui, pour ne rien changer, sont loin d’être des « Saintes-nitouches » !
Alors du coups, à la découverte du synopsis de « American Horror House » – dont la sortie chez nous fut pompeusement titrée : « Paranormal Initiation » – on se met à penser au pire. Ou est-ce au meilleur ? Je ne sais plus trop, alors disons simplement qu’on pourrait assister au meilleur du pire. Voilà, c’est ça !

21050562_20131017170706094On va donc faire le connaissance de Daria, une jeune fille très sûre d’elle, qui va bientôt passer le rituel d’initiation pour rejoindre les « Kappa ».
Avec deux de ses amies, elles vont relever un certain nombre de défis, bien entendu, tout cela se déroule pendant la nuit de Halloween, lors d’une grande fiesta organisée à la maison de la sororité. Ce lieux est la propriété d’une femme étrange, aussi mystérieuse qu’inquiétante : Miss Margot. De quoi retrouver l’actrice Morgan Fairchild, égérie de la télévision qui a déjà vécu quelques ravalements de façade.
Il se passe aussi de drôles de choses dans cette demeure, des choses qui relèvent du domaine du surnaturel. En effet, après la mort d’une étudiante, la voici qui apparaît, hantant les couloirs sombres et exigus. Elle ne semble pas être la seule présence fantomatique, car d’autres esprits auront tôt fait de se manifester. Et on ne parle pas là de gentils fantômes du style « Casper », les nôtres sont atteints d’une frénésie meurtrière. Leurs victimes viendront ainsi grossir les rangs, et la propriétaire ne semble pas étrangère à ce qui est en train de se dérouler sous son toit.
Elle va être vachement longue cette soirée d’initiation ! D’autant que notre héroïne a subitement des dons pour la voyance, qui feraient pâlir de jalousie Dominique Lehmann, et avec l’aide d’un esprit qui en marre de toutes ces conneries – peut-être a t-il passé l’âge – elle va découvrir le secret de cette demeure et de Miss Margot par la même occasion.
C’est fait de briques et de broques, alors tu zappes et tu zippes,… euh pardon je m’égare. Mais à ma décharge, c’est pas vraiment cousu de fil blanc, et plutôt que de nous éclaircir, cela épaissit davantage le brouillard. Une deuxième vision de Daria ne serait pas superflue. Ah mais justement, en voici une qui arrive, toujours initiée par notre esprit qu’il est plus du tout méchant, mais qui a bien compris qu’il était pas tombé sur une lumière. La révélation est alors fracassante,… sauf qu’on avait déjà tout compris depuis belle lurette. Aussi, vous me pardonnerez le petit ton sarcastique ci-dessus.
Daria va devoir ruser pour s’en sortir ! Sera t-elle plus maligne que la ténébreuse propriétaire ? C’est pas vraiment acquis, et jamais l’adage « on est pas sorti de l’auberge » n’aura autant pris son sens !

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« American Horror House » est à ce point flippant qu’il est déconseillé de le voir dans le noir intégral… Non, je déconne évidemment ! Il faut cependant le regarder avec une bonne dose de second degré, car ce film signé Darin Scott s’enlise d’entrée de jeu dans les clichés les plus élémentaires. Choix assumé ou faute de goût ? Un peu des deux en fait. Enfin bon, c’est surtout la deuxième option qui se dégage le plus, car les scènes s’enchaînent (essayer de le dire plusieurs fois) sans vraiment avoir de logique, accentuant toujours un peu plus sur des faux pas qui laissent supposer que le réalisateur ne sait pas trop où il veut aller. Et cela continue, jusque dans les apparitions des âmes damnées, carrément badasses. Pour peu, ce serait plus effrayant de se mater « Le Manoir et ses 999 Fantômes ». Merde quoi !
Faut-il espérer que les meurtres, eux, viennent titiller nos nerfs ? Hélas, il ne faut rien en espérer non plus.
Pourtant, et malgré ses défauts, « American Horror House » se laisse regarder sans véritablement broncher. Cette petite – et j’insiste sur petite – bisserie datée de 2012, doit se voir avec un certain détachement. Il faut se laisser le loisir d’admirer le jeu foireux des acteurs, dont les répliques chatouillent nos zygomatiques. Mais ce n’est rien à côté des effets spéciaux, tellement fauchés que c’est fait avec deux ou trois bouts de ficelle. Si encore c’était du « old school », cela aurait eu du charme, mais il ne devait même pas rester 1 dollar dans la poche de Darin Scott pour faire illusion.

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Au final, on en viendra à se marrer devant un tel désastre, qui arrivera peu à peu à capter notre attention. Ce qui le rendra suffisamment louable, rappelant aux bisseux nostalgiques une certaine époque.
Loin des contraintes imposées par les studios, surtout lorsqu’il s’agit d’un « blockbuster », Darin Scott livre un film honnête, qui respecte son thème, sans pour autant nous le servir sur un plateau d’argent, laissant le spectaculaire à d’autres.
N’ayez pas peur des fantômes de « American Horror House », et venez tout simplement prendre un peu de plaisir en leur compagnie, car en conclusion, le simple plaisir est de loin l’attrait principal dans ce cas précis !

Dr. Vornoff

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