MOTEL DES SACRIFICES

7LNH 6C - Mountaintop

Le joyeux trublion Jean-Marie Bigard évoquait l’existence, dans un sketch éponyme, de deux types de personnes. D’une part, celles qui décident de partir un week-end à la campagne, et qui prennent alors possession d’une vieille bicoque plongée dans la sinistrose.
Il y a également ceux qui optent pour le week-end au soleil, sur une plage qui, sous des aires paradisiaques, arbore un énorme panneau avertissant d’un grand danger.
Dans un cas comme dans l’autre, on est clairement foutu ! On ne tardera pas à assister aux premiers effets de ces mauvaises décisions. L’horreur est au rendez-vous, et ce n’est pas toujours beau à voir ! Enfin, parfois, si.

mountaintopmotelmassacreDans « Mountaintop Motel Massacre » – plus connu chez nous sous le titre « Motel des Sacrifices » – nous allons suivre un schéma assez similaire à ce qui est évoqué plus haut. Tout commence avec Evelyn, une vieille folle qui, jadis, fût enfermée dans un institut psychiatrique. Comme dans la famille on a un peu les neurones qui se font la gueule, Evelyn, revenue dans son foyer, surprend sa progéniture, Lorie, qui s’adonne à une messe noire.
Face à ce triste spectacle, armée de sa serpe, la matriarche entre dans une rage folle et, accidentellement, tue sa fille.
Après un enterrement qui nous offre un accès aux pensées secrètes des personnes présentes – qui y vont fort sur la prétendue folie de la vieille – Evelyn rentre chez elle, au Mountaintop Motel. Car la dingo est l’heureuse propriétaire et gérante de cet établissement, loin d’être prestigieux. En plus, c’est perdu au milieu de nulle part, et c’est carrément glauque.
Bref, à voir l’endroit, même pris d’une grosse fatigue ou d’une envie de baiser la pute qu’on a ramassée sur la route, on passe son chemin !
Le seul locataire – gaillard téméraire – est un pasteur et ami de la famille. Un révérend porté sur la bibine, prêchant tout de même ses bondieuseries à qui veut l’entendre.
Il sera bientôt rejoins par un vieux charpentier (ça ne s’invente pas), interprété par Major Brock, dont c’est le seul et unique film.
C’est ensuite au tour d’un jeune couple, fraîchement marié, de s’arrêter au motel afin de consommer leur union.
Enfin, pour compléter cette galerie, un publiciste (Will Mitchell) qui a recueilli deux bombasses sur la route, bloquées sous la pluie battante et ne portant que leur petit t-shirt blanc : inutile de préciser l’état d’excitation dans lequel se trouve le bonhomme face à ce tableau !
Aucun membre de ce petit groupe n’a par ailleurs remarqué l’attitude étrange de la propriétaire lors de leur enregistrement. On doit certainement avoir affaire à une bande de ploucs de la région.
Rapidement les premières contraintes vont alerter les occupants. C’est d’abord un serpent qui va s’attaquer au jeune homme tout juste marié, lui paralysant une partie du visage. Ensuite, un tas de nuisibles et insectes vont envahir les chambres du pasteur et du menuisier. Car Evelyn, pas du tout étrangère à ces incidents, arpente le sous-sol, long comme un fleuve, passant sous toutes les baraques qui contiennent toutes une trappe d’accès.
Pourquoi elle balance les bestioles ? Mais parce qu’elle est dérangée je vous dit ! Comme si ça ne suffisait pas, la voici qui entend la voix de sa fille dans sa tête. La gamine lui intimant l’ordre de tuer tous les clients ! Elle risque pas de glaner quelques bonnes notes dans « Bienvenue Chez Nous », c’est certain.
Evelyn va donc s’exécuter, parvenant à ses fins avant d’être embêtée dans son entreprise par deux survivants coriaces. Al, l’agent publicitaire, et Crewshaw le menuisier, qui ont décidé de jouer les héros en mettant la gérante hors d’état de nuire.

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« Motel des Sacrifices » est assurément un ersatz de « Psychose », sauf qu’on ne retrouve pas la patte du grand Alfred Hitchcock, mais plutôt celle de Jim McCullough Sr.
Un réalisateur qui signe ici sa meilleur série B, il faut dire aussi que sa filmographie n’est pas bien remplie. Avec à peine cinq films, où l’on retrouve pèle-mêle : un drame sportif carrément médiocre – « The St. Tammany Miracle » – ou encore une pâle comédie indéfinissable, « Charge Of The Model T’s ».
Loin de s’être illustré donc, l’année 1983 lui sera un tantinet plus bénéfique grâce à ce petit film d’horreur, frôlant la frontière du slasher.
On regarde alors « Mountaintop Motel Massacre » en se détachant complètement des attentes que, légitimement, nous pourrions avoir. Loin de se laisser duper, on comprend dés les premières images à quoi on va être confronté.
Mais force est de constater que pour une série B, c’est une putain de bonne série B ! Du coup on se laisse facilement transporter dans l’univers du réalisateur qui, s’il peine à atteindre le niveau qu’il escompte, peut compter sur des acteurs dont on ressent la bonne volonté à rendre le film meilleur.
Exercice difficile face à un scénario qui n’est pas très bon, et par conséquent, difficile également de donner le meilleur de sois-même tant les défauts sont nombreux.
Bien que sans prétention, le film dégage tout de même une certaine atmosphère, et c’est peut-être bien là son seul point fort. L’ambiance grisâtre et pluvieuse, agrémentée par des baraquements dont l’unique décoration se trouve être les dessins d’enfant de Lorie, rien n’a été laissé au hasard et contribue à rendre quelques scènes très anxiogènes.
D’autres séquences viendront s’ajouter en renfort, entre-autre cette chasse à la vieille folle, dans le sous-sol à peine éclairé, pour renforcer davantage le funeste destin de ce lieux.

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Jim McCullough Sr. aura sans doute réussi à régaler les amateurs de péloches bien bis, et rien que pour cela on serait tenté de l’admirer. Mais bon, nous n’iront peut-être pas jusque-là, et si « Motel des Sacrifices » reste de loin son meilleur film, lui, reste un réalisateur de seconde zone, pourvoyeur d’une bisserie honnête qui se regarde non sans un certain émerveillement, tout relatif soit-il.

Dr. Vornoff

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