COOTIES

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Si je vous dis que l’association de « Saw » avec « Glee » est possible, vous me demanderez assurément quelle espèce de drogue j’ai bien pu ingurgiter. Non mais cessez donc de me prendre pour un toxico ! Dites-vous seulement que « Cooties » est la preuve de ce que j’avance.
Vous n’y verrez pas des ados chiants qui poussent la chansonnette, dans un local de musique où trône le cadavre de leur vieux prof malade, se relevant soudainement à la fin après qu’un camarade chanteur ait arrachée la langue d’un autre pour s’enfuir.
Bon d’accord, me direz-vous, mais alors c’est quoi la relation ? Vous impatientez pas,… j’y arrive.
Il faut savoir avant-tout que le projet de « Cooties » est porté par une petite maison de production : Spectre Vision. Il s’agit de la société co-fondée par Frodon Sacquet,… euh pardon, par Elijah Wood !
Lorsque le projet à germé, c’était pour en faire un film d’horreur sur le thème du zombie, tout en étant en marge de celui-ci afin de mieux se démarquer. Comme ce n’était pas très clair dans les esprits, il a fallu faire appel à des scénaristes : Leigh Whannel, instigateur de la saga « Saw », et Ian Brennan, créateur de la série « Glee ».
Vous comprenez mieux hein maintenant ? Dés lors, une telle association ne pouvait aboutir qu’à une production atypique, proche d’une série B – carrément une en fait – où l’horreur, le gore et l’humour forment un trio qui est juste parfait.

TB2crdCgXXXXXbxXpXXXXXXXXXX_!!2539261409Notre histoire débute au cœur d’une petite ville, dont la spécialité locale est la transformation du poulet. On en fait principalement des nuggets, et on assiste même au traitement réservé à l’animal. Tout le processus aurait de quoi faire pâlir un inspecteur de l’hygiène. Presque instantanément on passe sur une charmante gamine, aux couettes dorées, qui mord à pleines dents dans cette saloperie de beignet. Pas de chance, un virus s’est insidieusement glissé dans la préparation, contaminant l’ensemble de la fabrication. Et il est plutôt méchant ce virus : il s’attaque aux enfants prépubères en les transformant en une sorte de zombie, dont le penchant pour les tripes et les boyaux va les conduire à bouffer tous les adultes. Fait chier, il faut que ce bordel se passe justement un lundi, qui plus est premier jour de travail de Clint Hadson, un prof remplaçant qui se voit retourner dans son école primaire, afin d’y enseigner. On retrouve donc Elijah Wood dans la peau de l’instit – tout de même beaucoup plus fun que Gérard Klein – et qui galère dans l’écriture de son roman d’épouvante. Lui qui voulait faire peur à ses lecteurs, va pour le coup être servi. Le voici enfermé dans l’école avec cinq de ses collègues et deux bambins. Le petit groupe tentera de survivre, et c’est franchement pas gagné vu la belle équipe de badasses en puissance.

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En plus d’être une comédie horrifique, « Cooties » s’oriente aussi vers la critique sociétale : la malbouffe que l’on nous sert, histoire de cultiver notre goût pour les mauvais plats, mais aussi la difficulté du rôle de l’enseignant, confronté à une génération d’enfants-rois qui n’a plus de frontières. On leur permet tout, alors forcément ils n’hésitent pas à insulter ouvertement les acteurs de leur éducation. Face à cette constatation, on se surprend à prendre du plaisir – sans que cela ne devienne malsain – à voir nos sympathiques professeurs se rebeller contre nos charmantes têtes blondes, plus tout à fait humaines.
Lorsque les premiers coups sont donnés, qu’une tête se fait littéralement défoncée à coups d’extincteur, nous, on admire le spectacle.
Jonathan Milott et Cary Murnion, les deux réalisateurs, ont pu capter ces instants magiques et les révéler sans ambages. Bon j’exagère un peu, on va finir par me prendre pour un tortionnaire. Pourtant, on apprécie cet aspect irrévérencieux et un peu crade, qui est surtout là pour faire la place aux séquences gores. Ces dernières ne s’aventureront jamais dans l’outrance, mais laisseront au contraire s’extraire le comique de la situation, un humour bien décalé qui fait la part belle au leitmotiv premier du film : la parodie !
Le visuel est très important dans « Cooties », et il n’y a pas que les répliques qui soient cinglantes, puisque les attitudes maniérés de nos protagonistes, leur côté déjanté, leur accoutrement ridicule,… contribuent à asseoir le côté décalé du métrage, au même titre qu’un « Shaun of the Dead », sans pour autant atteindre le même niveau.
Les effets spéciaux et le maquillage sont tour à tour bluffant et effrayant. Le film ne se trouve jamais en déséquilibre face à cela, l’intelligence à été de montrer le sang et les organes de manière à ce que, même si cela semble dégueu, la répugnance ne prenne pas le dessus. Et ça fonctionne plutôt bien !
Âmes sensibles, vous n’aurez pas besoin de vous abstenir. Rien que pour cela, ça vaut vraiment la peine.

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Si après ce visionnage votre vocation est toujours de devenir enseignant, vous veillerez à ce que la cantine ne serve pas de nuggets. Et si d’aventure vous étiez confronté à des gamins arborant des pustules sur leur visage, alors foutez le camps très vite, c’est pas de l’acné !

Cédric V.

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