THE CRUCIFIXION

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Crucifix et eau bénite, chasuble et étole, vous voici fin prêt pour devenir « Super Curé » et partir à la chasse aux démons qui n’auront qu’à bien se tenir.
Pour le coup, je vais endosser le costume d’un Christophe Hondelatte, mais en moi pompeux que lui, pour évoquer un dossier sensible. Je vous emmène au cœur d’une histoire vraie, dans une affaire qui défraya la chronique en Roumanie, en 2004. Á mon tour de vous en dévoiler les sombres dessous… ou pas !

thecrucifixion2017C’est que Xavier Gens s’en est déjà chargé, avec « The Crucifixion » qui se base donc sur des faits réels.
Fort de préserver les acteurs du fait divers dont est tiré le film, le réalisateur français à préféré changer les noms que vous trouverez, sans mal, sur Wikipédia.
Peut-être la volonté de Gens fût-elle de se créer sa propre histoire, et donc de s’inventer des personnages capables de donner forme aux multiples inepties de son film.
Tout commence par un exorcisme, pratiqué au monastère de Tanacu au Nord-Est de la Roumanie. Une jeune sœur, dont on suspecte qu’elle puisse être posséder par le démon est crucifiée. Le père Dimitru, en charge du rituel – qui prive la jeune femme d’eau et de nourriture – est interrompu au bout de trois jours de prières et d’acharnement par l’évêque ayant eu vent de ce qui se tramait.
Nicole Rawlins (Sophie Cookson), jeune journaliste en quête d’une bonne histoire, se rend sur place afin de faire la lumière sur ces événements.
Elle va d’abord apprendre que la sœur, décédée sur le chemin de l’hôpital, était atteinte de démence. S’agirait-il alors d’un crime sordide ? Tout le laisse à croire, et pour Nicole , déjà la fin de son investigation et de son reportage sensationnel !
Mais de nouveaux témoignages font état d’une version bien différente, de quoi relancer les suspicions.
La journaliste va alors pousser plus loin ses recherches, aidée par un jeune prêtre local : Le Père Anton (Corneliu Ulici) !
Autour de Nicole il se manifeste d’étranges phénomènes, laissant à penser que la jeune femme serait à son tour sous l’emprise du démon. Évidemment, on devait s’y attendre : elle est en colère suite au décès de sa pieuse maman, et en plus, elle ne croit plus du tout en Dieu. Non mais franchement, elle le cherche un peu quand même là !
C’est au moment où elle est sur le point de mettre à jour la vérité que le « Pazuzu » roumain, insidieusement, décide de prendre totalement possession de l’âme de Nicole.
Et vu qu’elle crie par la fenêtre à qui l’en débarrassera, c’est le bon Père Anton – pas insensible à son charme – qui déboule en chanson pour, à son tour, pratiquer… tadam… un EXORCISME !

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« The Crucifixion » n’est pas un désastre, et sur bien des aspects peut se révéler plutôt efficace et surprenant.
Si rien de neuf ne vient étayer l’histoire d’exorcisme, classique dans son ensemble et qui, de fait, n’a plus rien à nous apprendre vu que nous sommes des experts en la matière ; il est tout autre pour l’enquête menée par la journaliste qui, elle, se laisse beaucoup plus apprécier. (L’enquête hein, pas la journaliste,… enfin quoique).
Quid de ce qu’il s’est réellement passé au monastère de Tanacu ? Prêtre assassin ou fou aveuglé par sa foi ? L’église cherche t-elle à étouffer la vérité ? Et si oui, dans quel but ?
Il existe une multitude de questions sur cette affaire, et l’intrigue ne fait que s’épaissir au fur et à mesure. Elle se trouve malgré tout un peu gâchée par l’insistance de Xavier Gens à vouloir autant caricaturer la Roumanie, plus particulièrement le monde rural qu’il désigne comme un endroit où les paysans manquent d’éducation, préférant croire en l’existence du démon et rejetant toutes théories scientifiques.
« Qu’à cela ne tienne » se dit le réalisateur, je vais aller jusqu’à exploiter au maximum les mythes qui peuplent ces régions isolées, histoire d’user encore un peu plus du cliché omniprésent.
Pour cela, il use de quelques jump scares souvent ratés, car trop prévisibles : mauvaise pioche qui relègue l’enquête au second plan alors que celle-ci sert admirablement le film, qui aurait mieux fait d’opter pour une approche à la « Régression ».
La photographie utilisant adroitement la lumière naturelle vient d’ailleurs rappeler le film de Alejandro Amenábar, et il s’en dégage une ambiance si particulière qui, à elle seule, suffit à entretenir le mysticisme tout en laissant planer le doute sur l’héroïne. Une héroïne qui, en lieu et place d’une vulgaire possession que l’on sent arriver très tôt, aurait pu se laisser gagner par les croyances populaires, au point de ne plus être capable de distinguer le mystique du réel !

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Xavier Gens sonnera le glas dans un final trop vite expédié, dans lequel nous assistons à un simulacre de rituel d’exorcisme. En à peine quelques minutes – contre trois jours rappelons-le – le démon s’avouera vaincu.
Et même si, encore une fois, on sentait venir la chose, il aurait été plus jouissif de se confronter à un ineffable spectacle, plutôt qu’à ce ratage complet qui ne nous laissera jamais autre chose que de l’amertume et de la déception !

C. Valentin

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