READY PLAYER ONE

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Dés l’ouverture les premières notes du « Jump » de Van Halen viennent titiller notre oreille de mélomane avertis, nous renvoyant alors en 1984, tout en annonçant la couleur : Vous êtes ici dans un film de fan, pour les fans,… mais pas seulement.
Car tout le monde, à un moment de sa vie a été amené à toucher à des formes de cultures différentes. Le cinéma, la musique, la Bande Dessinée, le jeu vidéo,… et a ainsi pu accumuler un tas de souvenirs, laissant souvent place aujourd’hui à une forme de nostalgie heureuse, pour paraphraser Amélie Nothomb. « Ready Player One », c’est un condensé de tout cela, et c’est surtout un grand moment de bonheur !

6Ko0bAPLorsqu’en 2045 le monde à préféré ne plus se soucier des problèmes pour, au contraire, faire avec, il s’est transformé. De la crise climatique en passant par la famine, la guerre,… il est devenu chaotique.
Pour que la population puisse s’échapper de ce marasme, elle peut compter sur l’OASIS, un véritable monde virtuel accessible par visiocasques et dispositifs haptiques. Si à la base il s’agit principalement d’un MMORPG – entendez par là un jeu de rôle en ligne massivement multijoueur, il est davantage un lieu de rencontres où une vraie société virtuelle s’est développée.
Wade Watts, jeune homme de dix-huit ans, orphelin, est un membre actif de cette communauté, arpentant celle-ci sous le masque de son avatar et connu sous le pseudonyme de Parzival.
Lorsqu’il apprend, comme tant d’autres, que le créateur de l’OASIS, James Halliday, un rêveur avant-tout, est décédé laissant le soin aux joueurs de découvrir un easter egg caché dans le jeu, lequel rapporterait à celui qui le trouve une somme colossale et le contrôle total de l’OASIS, Parzival devient l’un des concurrents. Aidé dans sa tâche par son meilleur ami virtuel, Aech, ils vont découvrir qu’un groupe du nom de IOI (Innovative Online Industries), est lui aussi lancé dans cette course effrénée pour le contrôle de ce monde.
Si les intentions de Wade sont louables, littéralement calquées sur la philosophie de son créateur, pour IOI et Nolan Sorrento, son PDG, il en est tout autre.
Afin de défendre l’OASIS, Wade et son groupe d’amis vont faire équipe avec la mystérieuse Art3mis, et vont alors s’engager dans une lutte acharnée pour défendre le monde virtuel, et faire en sorte qu’il ne tombe pas entre de mauvaises mains.

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Steven Spielberg n’a vraiment plus rien à prouver, et confirme qu’il est l’un des plus grands avec cette adaptation du roman « Player One » de Ernest Cline sur grand écran. Plus rien à prouver sur sa connaissance et sa maîtrise de la « Geek Culture », en truffant le film de références, autant cinématographiques que musicales, ou encore le gaming et la littérature fantastique. Tellement de références qui feront briller nos yeux, qu’il serait bien fastidieux de tenter de les lister. Et puis, il serait dommage de vous gâcher le plaisir de la découverte.
Oui mais alors, « Ready Player One », c’est un film pour les initiés ? Il faut, pour répondre à cela, se glisser dans la peau de deux individus diamétralement opposés.
Le premier, geek avertis, sera en mesure de recenser un maximum de clins d’œil, même les plus dissimulés, et de s’en émerveiller comme il se doit.
Pour l’autre, qui n’a cure de la « Geek Mania », et qui n’y comprend souvent pas grand chose, pensant qu’un geek est un puceau bouffant des chips à longueur de journée tout en jouant à des jeux sur son PC, il est plus que certain que la péloche sera plus ardue, mais aura tout de même le loisir de s’extasier face à quelques référents faciles. Pour le reste, il sera largué ça ne fait pas l’ombre d’un doute.
Toutefois, le long de Spielberg a pour vocation de s’adresser à tous les publics. Après-tout, lorsqu’on dépense sans compter, tel John Hammond face à son parc, il est normal de viser la rentabilité, et sur ce point cela ne devrait pas poser un gros problème.
Pour que cela fonctionne, et pour y voir des gens divers et variés, il faut se tourner vers l’histoire, peut-être bien le point, non pas négatif, mais léger sur « Ready Player One ».
Car ce qu’il en ressort n’est rien d’autre que la panacée du scénario qui ne prend pas de risques. C’est le classique gentils contre les méchants, un méchant ici en la personne de Sorrento. Un antagoniste de premier choix, dans la plus pure tradition du rôle, aux desseins des plus conformistes : tenter de conquérir le monde… virtuel en l’occurrence !
Dans l’autre camps, les protagonistes ne sont pas plus surprenants. Blessés par la vie qui ne leur a pas fait de cadeaux, mais pourtant dotés d’une grande âme et animés par des valeurs et du courage qui forgeront leur détermination.
Oui, c’est classique, mais c’est aussi redoutablement efficace, et finalement, fallait-il essayer de déroger à cette règle d’or au risque de peut-être faire pire ?
Sûrement pas, et c’est là l’essentiel du film qui permet une accessibilité à n’importe quel quidam !
Si l’intrigue vous paraît trop facile et décousue par moments, c’est parce que « Ready Player One » s’échine davantage à créer un univers singulier qui n’appartient qu’à lui, tout en s’efforçant de rester le plus cohérent possible dans ses propos. Ce qui en fait, non pas un espace pour y intégrer un ensemble de références sans rien apporter de plus, mais bien une œuvre visuellement très forte, au rythme endiablé, entre-autre grâce à la musique de Alan Silvestri.
En gros, c’est en quelque sorte le rêve éveillé d’un grand enfant de 71 ans.

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Un grand enfant, mais qui est capable des prouesses les plus surprenantes.
Si « Ready Player One » demande énormément de ressources en terme d’effets spéciaux, Steven Spielberg confiera cette tâche à une équipe spécialisée – tout en gardant un œil sur son bébé, le plus éprouvant de sa carrière selon ses dires – pour aller nous pondre un autre film, plus sérieux : « Pentagone Papers ».
Il reviendra ensuite aux commandes de « Ready Player One », pour en assurer les petites finissions avant de nous le « balancer » comme il se doit dans nos salles obscures.
Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’agit d’un véritable cadeau, Noël avant l’heure si vous préférez, et on admire le résultat final jusqu’au bout.
On sort de séance avec des étoiles dans les yeux, des rêves plein la tête et, puisque on parlait de nostalgie, la sensation d’avoir vécu une époque formidable ou nous étions encore capable de faire la différence entre monde virtuel et monde réel !
Oui, « Ready Player One » est bourré d’effets spéciaux pour nous offrir un grand spectacle, mais il va aussi beaucoup plus loin que le simple besoin d’admiration. Il va nous donner une formidable leçon face à ce débordement d’un monde hyper-connecté ; il va nous amener à réfléchir sur ce qui nous entoure, dans le réel. Non pas pour faire la leçon, ni même pour porter un quelconque jugement, mais simplement pour aiguiser note vigilance, pour nous faire comprendre que, au final, on ne peut pas seulement rêver et s’évader qu’au travers du virtuel.
Avouez, une production de cette envergure qui délivre pareil message, c’est plutôt sympathique, et ce n’est absolument pas contre-productif, loin s’en faut.
Et peut-être même que la jeune génération, les moins de 30 ans, prendront exemple sur les héros de cette histoire. En effet, sur les 2h30 que durent le film, Tye Sheridan et la belle Olivia Cooke, de même que leurs compagnons, vont considérablement revoir leur façon d’appréhender la vie, la vraie, et le prouveront en fin de métrage.

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« Ready Player One » est à la fois le film qui inscrit son réalisateur au titre de « Pape de la Geek Culture », et à la fois le film qui résume au mieux ces trente dernières années.
Et si vous avez été déçu, ou avez un a priori sur cette fabuleuse production, c’est peut-être qu’au fond de vous même vous avez oublié qu’un enfant sommeil. Laissez-le se réveiller pour vous remettre à rêver, pour vous émerveiller sans vouloir à tout prix prendre ce qui vient au premier degré, pour ne pas chercher coûte que coûte des explications rationnelles et ennuyeuses !
Oui, pour cela il faut être un enfant, pour toutes ces raisons, il est parfois bon d’oublier l’adulte que nous sommes, et vous verrez, c’est juste beau et merveilleux.

C. Valentin

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