DELIRIUM – de Dennis Iliadis

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« Chouette, je viens d’hériter d’une maison ! » Un cri de hourra de courte durée, puisque dans le même temps arrive les emmerdes : frais de successions, un frère qui se rappel à votre bon souvenir, un cousin du fin fond du trou du cul du monde réclamant sa part,… bref, c’est pas toujours une partie de plaisir.
Si en plus, vous vous confrontez à de biens sombres secrets, il ne vous reste plus qu’à espérer que les murs vous parlent, tant vous sentez planer au-dessus de votre tête le poids d’un passé familial qui s’avère très dérangeant.
Comme si cela ne suffisait pas, voilà que le parquet se met à craquer, que des bruits de pas se font entendre à l’étage, qu’une porte s’ouvre toute seule et cerise sur le gâteau, le téléphone retenti et laisse s’échapper des soupirs inquiétants.
Non mais, bordel, vous êtes certain de vouloir de cet héritage ?

image2Tom, alors enfermé en hôpital psychiatrique va vivre un véritable cauchemar lorsqu’à la mort par suicide de son père il hérite de la demeure de son enfance.
Le voici dés lors libéré sous probation, propriétaire d’une gigantesque maison, bourré de frics, mais malheureusement pour lui, il est aussi assigné pour trente jours à résidence.
Autant ne pas gâcher le mois à venir, du coup Tom se met à reprendre possession des lieux qu’il avait quitté à l’âge de quinze ans : sa mère s’étant barrée sans laisser d’adresse suite, semble t-il, à une sordide histoire impliquant Tom et son frère aîné, lequel croupis en prison.
Tom a d’ailleurs toujours vécu avec la conviction que son père le détestait, le tenant pour responsable du départ de sa femme, qu’on ne peut s’empêcher de voir comme une grognasse de la pire espèce. Dés lors, comment ne pas avoir l’esprit perturbé ?
Pour faire barrage à ses angoisses et ses hallucinations (bah oui, forcément il en a un peu, sinon ce serait pas marrant), le jeune homme consomme de puissants antipsychotiques, et à forte dose comme s’il s’agissait de vulgaires mentos. Cette médication doit l’aider à faire la différence entre la réalité qui l’entoure et les visions.
Même pas le temps de clouer au mur son « Home Sweet Home », que déjà le nouveau proprio est victime de quelques faits étranges : des portes qui claquent, des bruits de pas et un étrange appel interne laissant deviner une respiration lente.
Plus encore, Tom a l’étrange sensation de ne pas être seul dans cette maison. Un bâtisse qui paraît cacher de sombres secrets liés à son précédent occupant.
Si d’emblée Tom met cela sur le compte de ses hallucinations, la situation devient de plus en plus délétère, et le bonhomme à bien du mal à contrôler ses émotions.
Et même si il vient tout juste de lier connaissance avec la charmante livreuse de l’épicerie, qui paraît le rassurer un temps, elle ne pourra plus rien faire pour canaliser Tom qui perd totalement le contrôle. Ses visions deviennent plus persistantes et les phénomènes étranges s’accentuent un peu plus chaque jour.
Tom est-il vraiment seul chez lui ? Quels secrets peuvent-ils bien se dissimuler derrière ces murs ? Et si Tom était-il tout simplement en train de perdre les pédales ?

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Rien de plus ne vous sera dévoilé ! Non, n’insistez pas !!! Le risque de vous spoiler serait bien trop grand, et vous livrer les points forts de l’intrigue aurait pour conséquence de vous gâcher le plaisir.
L’intrigue ? Ah bon, il y a du mystère là-dessous ? Mais oui bon monsieur, c’est bien de cela qu’il s’agit, un bon vieux mystère à résoudre qui, s’il s’avère plutôt classique dans le fond, n’est pour autant pas moins d’une belle efficacité.
Bien que le postulat de départ laissait présager tout autre chose, s’orientant vers la sempiternelle histoire branlante d’une maison hantée, très vite l’histoire quitte ce chemin sinueux pour prendre la voie qui explore les méandres de l’esprit humain, permettant ainsi de mettre en exergue le premier élément fort qui ouvrira les portes d’une énigme captivante. Bien entendu, elle prendra soin de faire planer le doute sur la personnalité de notre protagoniste, voire même des autres figurants au casting.
C’est assurément ce qui va rendre « Delirium » (à ne pas confondre avec le film de Johnny Martin) intéressant puisqu’on ne sait jamais si il s’agit d’un tour joué par l’esprit tourmenté de Tom, ou tout au contraire une réalité en laquelle il ne croit pas.
Comme approche, c’est pas nouveau me direz-vous. Vous avez raison, mais ne croyez pas qu’il s’agisse de faire du neuf avec du vieux, au contraire.
C’est que le scénario de Adam Alleca s’avère intelligemment pensé. Il ne s’attarde pas seulement sur le cas de Tom, mais joue subtilement avec la présence du père, lequel, tout mort qu’il soit, a encore une forte emprise sur sa progéniture. Il vient ainsi épaissir le mystère autour de cette famille, jouant sur le registre du drame familial pour en présenter, par petits bouts, les souffrances du passé.
Le bougre a en plus le don de le faire à chaque fois au bon moment, et c’est carrément fracassant. Jusque dans la scène finale qui arrivera encore une fois à nous surprendre, et même à nous couper le souffle, parce que là… on le voit pas venir !

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C’est le réalisateur Dennis Iliadis – qui a déjà travaillé avec Adam Alleca sur le remake de « La Dernière Maison sur la Gauche » – qui est donc en charge de « Delirium ». L’homme sait y faire avec les ambiances, notamment celles que véhiculent pareille demeure, jouant sur des thèmes qui oscillent entre le ton chaleureux et l’autre plus sombre, un mélange savamment pensé puisqu’il exprime aussi bien l’aspect rassurant d’un foyer que son côté face, angoissant, car il démontre qu’il est bien ardu d’appréhender un environnement lorsqu’il vient s’avérer qu’on ne le connaît pas si bien que cela.
Le réalisateur arrivera à sublimer cet ensemble, allant jusqu’à lui donner un petit air « hors du temps », pour encore mieux fragiliser nos émotions, déjà bien à l’épreuve.
Topher Grace, lui, est magnifiquement dirigé et nous offre ainsi un très bon moment. Sans jamais surjouer les angoisses de son personnage, il parvient à camper l’ambiguïté de ce dernier avec conviction et c’est farouchement déroutant.
Et on ne boudera pas la présence de la sublime Génésis Rodriguez, présentée d’abord comme la rebelle de service qui n’apportera strictement rien au récit, pour ensuite révéler, dans toute sa splendeur, sa personnalité qui nous conduit à une très belle scène sur le plan émotionnel, mais pas que. En effet, c’est à partir de ce moment que va s’enclencher l’ultime révélation, laquelle se déroulera dans un rythme à couper le souffle.

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Très belle surprise que ce « Delirium » produit par Jason Blum et un certain… Leonardo Di Caprio.
Manifestement l’acteur oscarisé a cru au projet et on ne peut que le comprendre.
Dés lors, si vous héritez d’une maison et qu’en plus vous êtes sous chlorhydrate de fluoxétine, euh,… ouais du Prozac quoi,… enfin bref attendez un peu avant d’inviter vos potes à boire un café, on ne sait jamais. Ou alors, envoyez l’invitation à Leo, il semble adorer ça !

C. Valentin

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