CRAZY DAY

I-Wanna-Hold-Your-Hand

De deux choses l’une, soit vous êtes un fan inconditionnel des Beatles, au point de re-sortir vos albums en toutes circonstances et peut-être même déballer vos plus belles pièces pour faire pâlir de jalousie votre beauf, lequel aurait une fâcheuse tendance à vous emmerder le dimanche après-midi lorsque vous mangez votre tartre abricots chez belle-maman.
Soit, vous faites partie de cette génération dont le paternel écoutait en boucle « Yellow Submarine, Help!, A Hard Day’s Night,… », dans lequel cas vous avez de toute façon été bercé à la sauce rock de la beatlemania.
Toujours si vous faites partie de ce second cas, seriez-vous capable d’imaginer cette effervescence qui pouvait naître lorsque ces quatre gaillards se produisaient en concert ? Non ? Alors vous allez pouvoir vous en rendre compte grâce à six adolescents qui ne reculent devant rien !

1513250297-507034868-ya-hochu-derzhat-tebya-za-rukuFévrier 1964, Pam, Tony, Janis, Grace, Rosie et Larry, six adolescents venus du New Jersey partent pour New-York, afin d’assister à la première venue aux États-Unis de leurs idoles: Les Beatles !
Ne se satisfaisant pas seulement du concert de ces derniers, nos six jeunes gens sont aussi décidés à approcher le groupe.
Exercice difficile, qui requiert quelques plans originaux pour arriver à leurs fins. Mais il n’est pas facile d’approcher les Beatles, dont l’hôtel est gardé tel une forteresse imprenable.
La ruse sera de mise, mais n’est pas rusé qui veut. Si le plan de départ est assez simple, et semble d’ailleurs fonctionner un temps, très rapidement les déboires vont s’enchaîner dans un rythme infernal.
Et ce n’est pas l’arrivée de Richard Klaus, alias « Ringo », qui va arranger les affaires de nos fans en herbe. C’est que le bonhomme est plus doué pour tout faire foirer que le contraire, et les mésaventures semblent être son lot quotidien.
Il n’est toutefois pas le seul à manquer ses tentatives pour approcher son groupe préféré, puisque ses nouveaux camarades, débordant sans cesse d’idées plus saugrenues les unes que les autres, ne font guère mieux: tour à tour, Rosie reste coincée dans un ascenseur, Grace est enfermée dans un placard avec comme spectacle un pique-nique plutôt dénudé, Janis qui, au départ veut faire barrage au phénomène Beatles, se rend soudainement compte qu’elle à tort, et Pam, peut-être la plus chanceuse, se retrouve enfermer dans la chambre d’hôtel des artistes. Pendant ce temps là, Larry tente de séduire Grace et Tony,… c’est le rebelle de service allez donc réellement savoir ce qu’il pense.
Quoiqu’il en soit, la vie de fan, c »est pas simple !

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« Crazy Day » est assurément un film qui s’adressera aux fans des Beatles, ceux de la première heure, de cette génération des sixties qui en re-découvriront l’hystérie suscitée par les quatre de Liverpool.
Qui plus est, ce ne sont pas moins de dix-sept chansons qui parcourent la BO de ce métrage, vous êtes donc super gâtés. Par ailleurs, le titre original est aussi une chanson bien connue: « I Wanna Hold Your Hand » !
Si on pousse plus loin, et qu’on élargit ses horizons, « Crazy Day » devrait aussi ravir les cinéphiles qui découvriront l’un des premiers longs de Robert Zemeckis et de son éternel comparse Bob Gale.
Film bricolé, certes, truffé de stocks shots – mais on peut les en excuser puisque le groupe n’a pas souhaité jouer dans le film, il fallait donc bien les y intégrer d’une manière ou d’une autre – film à petit budget aussi, qui fût tourné en peu de temps, pour finalement se vautrer littéralement à sa sortie, en 1978. En Europe celui-ci arrivera en 1985, suite au succès du premier volet de « Romancing the Stone ».
L’aventure de « Retour vers le futur », elle, est encore loin pour Robert et Bob, pour Steven Spielberg aussi, crédité ici en tant que Producteur Exécutif. Donc, bien avant le succès de sa trilogie, le réalisateur se lance dans cette expérience, celle de la comédie aux allures vaudevillesque, dans laquelle les gags sont souvent prévisibles, tout en faisant leur petit effet: on esquisse un sourire, un soubresaut discret de rire, mais jamais à gorge déployée.
Un film d’une belle fraîcheur, mais qui est loin d’être immaculé, car sous bien des aspects, entre-autre cette jeunesse survoltée et galvanisée par un esprit de liberté, cela fait inévitablement penser à « American Graffiti », sorti lui en 1973.
Si « Crazy Day » suscite alors un intérêt particulier, c’est justement dans cette exploration d’une jeunesse qui sort des conventions conformistes, pour s’affirmer davantage, plus encore lorsqu’il s’agit de la gente féminine, dont les quatre héroïnes en sont le porte-étendard.
Peut-être sont-elles un brin clichées par moment, mais savamment convaincantes lorsque elles le doivent, et ce pour mieux nous séduire.
Emportées par leur fougue pour le groupe britannique, elles n’hésiteront jamais à franchir les interdits, les éloignant ainsi de ce rôle de futur ménagère et bonne épouse toute dévouée.

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Quatre actrices talentueuses, on retrouve par ailleurs Nancy Allen qui campe une jeune femme pleine de surprises, un brin fétichiste ce qui donnera lieux à une scène mémorable, à la fois très drôle avec un brin d’érotisme tout gentillet : Un pur régal !
Quelques têtes connues complètent le casting, à commencer par la regrettée Wendie Jo Sperber, qui jouait notamment la sœur de Michael J. Fox dans « Back to the Future » et qui s’est illustrée à plusieurs reprises dans diverses séries et téléfilms. Eddie Deezen, aussi drôle que pathos, est juste là pour faire le pitre. Mais ne le faisait-il pas déjà un peu lorsqu’il interprétait Eugene Felnic dans « Grease » ?
Et puis, on a envie de dire merci Robert. Parce que soudain, au détour d’un couloir de l’hôtel, voici que l’on croise Dick Miller, et là, c’est juste la cerise sur le gâteau. Comme dans toutes ses apparitions, dans tous ses rôles, l’acteur est foncièrement génial. Malgré son petit second rôle, un peu trop furtif, il se montre à la hauteur de son talent: talent qu’il n’a d’ailleurs jamais eu à prouver.

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Vous devez certainement vous en douter, mais les péripéties qui parcourent le métrage sont évidemment des prétextes à créer les multiples situations comiques, ce qui rend « Crazy Day » sympatoche, témoignant des débuts de Zemeckis et reflet de cette folie qui régnait lors de la première venue sur le sol américain de Paul, John, Ringo et George.
Passez cela, c’est un film sans prétention, d’une consistance un peu fade, mais déjà le talent de son réalisateur se fait ressentir. Peut-être que quelques dollars supplémentaires auraient suffit à le rendre encore meilleur.
Cela ne doit pas pour autant vous empêcher de visionner « Crazy Day », ne serait-ce que pour son côté historique, premier film de Zemeckis, mais aussi pour son évocation de la folie liée aux Beatles.
Si le cœur vous en dit, sachez qu’il existe une très belle édition du film parue chez ESC Éditions, et si au contraire vous souhaitez garder vos sous pour tout autre chose qui vaut un peu plus la peine, attendez une éventuelle diffusion à la télévision ou ruez-vous sur la VOD, et,… Twist & Shout quoi ! (Sorry j’avais envie de la placer).

C. Valentin

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