BIKINI GIRLS ON ICE

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« L’été s’ra chaud, l’été s’ra chaud, dans les t-shirts dans les maillots ». Ainsi le chantait feu le célèbre troubadour de kermesse Eric Charden !
Pour le coup, exit les maillots de la Côte d’Azur à Saint-Malo, et place aux Bikinis au cœur d’un coin paumé et d’un… car-wash improvisé.

1002004009903841Pour Jenna, une jeune étudiante bien sous tous rapports, il est difficile de se laisser convaincre par Sam, sa best friend, de porter un bikini.
C’est que la donzelle se la joue sainte-nitouche pendant quoi… soixante secondes, pour enfin enfiler son uniforme.
Ce n’est en effet pas pour aller se faire bronzer les miches au soleil qu’elle doit porter son deux pièces, mais bien pour rejoindre les autres copines de l’équipe de soccer qui, pour s’offrir le luxe de quelques jours de vacances, vont faire ce que toutes écervelées arborant un 90D font : elles vont laver des bagnoles !
Les voici parties à bord d’un bus scolaire, piloté par le beau Tommy, tout aussi doué en mécanique. Sa transpiration dégoulinante qui vient caresser son physique de rêve, sa longue chevelure au vent à faire pâlir un chauve,… la panoplie complète qui fera mouiller le bas des bikinis. Avec lui, Blake, un peu moins de sex-appeal et surtout un peu con sur les bords.
Comble de malchance, le bus tombe en rade juste devant une vieille station service bien pourrave. Mais Tommy est là, ne l’oublions pas, il ne se laissera pas distraire par la belle Jenna, mais va tout de même mettre quatre bonnes heures pour réparer le tacot.
Qu’importe : Blake compte bien profiter de cet arrêt forcé pour mettre en exécution la mission car-wash, à cet endroit précis, alors en piste les filles !
La route qui pourtant semble carrément abandonnée, certainement contournée par une autoroute toute proche, paraît, aussi soudainement que c’est improbable, retrouver une seconde jeunesse.
Les voitures affluent, et pas des moindres. Des grosses cylindrées, le type voiture à papa. Il faut dés lors croire que « Providence » se baladait par là, c’est un fameux coup de chance pour les filles qui se mettent rapidement à l’œuvre.
Bon, faut avouer, elles se frottent plutôt mutuellement le cul grâce aux éponges imbibées de savon, au détriment de la carrosserie du véhicule. Ce n’est pas l’automobiliste qui va se plaindre, bien trop occupé à admirer le spectacle.
Si le lieux révèle tout son potentiel pour ce type de boulot, il n’en demeure pas moins des plus inquiétants. Des bruits se font entendre à l’intérieur du magasin et du garage, et un bon nombre de congélateurs contenant des glaçons sont parsemés ci et là !
On ne s’en étonne pas, à notre niveau, puisque le soir avant l’arrivée des louloutes, nous avons pu assister au meurtre très sauvage d’une jeune fille – tiens en bikini elle aussi – par le pompiste enragé qui a balancé le corps dans l’un des bahuts.
Du coup nos petites chéries qui, jusqu’alors, se tortillaient le derrière et faisaient rebondir leurs roploplos, font moins les malines.
Encore moins lorsque le bon vieux Hank, qui débarque de nulle part avec sa vieille guimbarde, vient avertir ce beau monde du danger qui les menacent. Sous sa longue barde blanche, il recèle de quelques histoires sordides sur l’endroit, de quoi bien foutre la pétoche. Le lieux est maudit et le vieil homme les invitent à partir aussi vite que possible, prenant lui-même la poudre d’escampette.
Trop tard, hélas, pour nos jouvencelles car déjà l’une d’entre d’elles vient d’être victime de Moe, le pompiste fou, dont le seul texte à déclamer est un grognement animal. Et c’est vachement poilant… sans mauvais jeu de mots.
Le mec va prendre un plaisir fou à décimer les jeunes gens, pour entre-autre conserver leurs bikinis. Un p’tit coquin ce Moe !
Jenna et Sam sont les seules encore en vie, tentant d’échapper à ce tueur sanguinaire dont les motivations ne sont pas toujours très claires.
Vont-elles survivre ? La question serait plutôt : laquelle va survivre et comment réussira t-elle à échapper aux griffes (mais non je fais pas de jeu de mots) du terrible Moe ?

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Passons maintenant à une formule mathématique toute simple, qui ne nécessite pas de faire appel à votre sens aiguisé pour les sciences : des nanas dévergondées + un tueur fou à l’arme blanche = un bon vieux slasher !
D’accord, vieux non. « Bikini Girls on Ice » datant à peine de 2009, le film reste néanmoins assez jeune, même si on sent qu’il aura du mal à ne pas prendre une ride.
Car au final, c’est un énorme ramassis de clichés qui est loin de rendre hommage au genre et aux diverses productions de qualités. Au-delà des grands classiques, des titres comme « Butcher » ou « Wrong Turn » sont assurément des chefs-d’œuvre.
Dans « Bikini Girls… », tout est tellement surfait que cela en devient une parodie, alors que le métrage n’est pas du tout destiné à tendre vers ce registre. Difficile pourtant de le considérer autrement puisque déjà l’intervention grotesque de la première victime et de son bourreau se révèle d’un pathétique qui mérite à coup sûr une médaille de bronze.
L’argent revenant à cette pléiade d’actrices insipides, tout juste les admire-t-on pour leurs formes généreuses, avec mention spéciale pour les scènes de lavages de voitures qui, messieurs, ne devraient pas vous laisser de marbre. Une petite trique est par ailleurs fort possible, n’ayez pas honte.
La médaille d’or revient quant à elle à la Finale Girl, loin de porter un jour la couronne de « Scream Queen », lui préférant celle de la pleurnicharde bien énervante.
Dommage, car la deuxième partie du film nous laisse espérer un mieux, le long parvenant à trouver son rythme, allant même jusqu’à verser dans le gore bien trash. Malheureusement, il s’essoufflera très vite et les dernières minutes paraissent alors interminables.

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Á qui la faute ? Si il fallait remettre une médaille de platine, elle irait sans grande surprise aux scénaristes Geoff Klein – également réalisateur – et Jeff Ross.
Les deux comparses sont certes pavés de bonnes intentions, mais s’attaquent à un morceau bien trop gros pour eux. Scénario branlant et trop prévisible qui vient rendre chaque tentative de nous surprendre aussi efficace qu’un pétard mouillé.
Et putain, c’est dommage, d’autant plus que ça aurait pu marcher, avec plus d’expériences et avec une meilleure direction d’acteurs.
Au niveau de la réalisation elle-même le bas blesse. Le montréalais Geoff Klein signe un premier film à la cadence mollassonne, sans effets de style. Si on sent chez lui le côté bon élève qui s’efforce à s’appliquer du mieux possible, on regrette le manque de prise de risque, plus encore, le grain de folie qu’on attend pendant 90 minutes et qui ne pointera jamais le bout de son nez.
Les seuls temps forts, si on peut les appeler ainsi, se résument à quelques séquences où l’on peut admirer le soin tout particulier qui a été apporté aux effets spéciaux. Assez convaincants dans leur ensemble, n’hésitant pas à faire gicler le sang pour nous en mettre plein les mirettes.
On aurait carrément aimé voir un peu plus de scènes du même acabit, elles ne sont en effet pas nombreuses, pour notre plus grande déception.

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Malgré sa piètre qualité, « Bikini Girls on Ice » se laisse voir, au moins une fois – plus cela relèverait du masochisme – bien plus pour se rincer l’œil que pour s’épandre dans l’effroyable frénésie meurtrière.
Et lorsque l’heure sera venue de rejoindre son petit lit douillet, vous devriez vous plaire à rêvasser de ces charmantes brebis désinhibées, pleine de matière savonneuse qui court le long de leurs courbes merveilleusement dessinées.
Au petit matin, vous vous réveillerez et prendrez conscience qu’à défaut d’une superbe Aston Martin, vous roulez dans une vulgaire Clio. Et comme vous n’aimez de toute façon pas laver votre monture vous même, la seule créature de rêve qui aura le bonheur de s’en occuper n’est autre que le petit Roger, laveur de voitures attitré de votre quartier.
Ne reste plus que la charmante idée des vacances qui approchent, où vous pourrez encore espérer, au détour d’une quelconque plage, apercevoir quelques bikinis… pourvu seulement que vous ne soyez pas atteint de la même démence qu’un certain Moe… pompiste de son état !

C. Valentin

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