ACTION OU VERITE

1368121_backdrop_scale_1280xauto

Action ou vérité, on y a tous déjà joué c’est un grand classique auquel il était difficile d’échapper. Un jeu sournois à bien y penser, car il était surtout un prétexte pour nous délier la langue et ainsi avouer nos petits secrets, parfois honteux. Et si par malheur on prenait l’option de l’action, alors là, c’était à coup sûr pour nous mettre dans une situation bien délicate, histoire d’être bien ridicule.
Dés lors, si un être aussi mauvais qu’un démon venait à s’emparer du jeu, et dicter ses propres règles, il faudra s’attendre à bien pire encore. Nos petites considérations, à coté, c’est de la « gnognotte » !

254690C’est pourtant ce qui est arrivé à un petit groupe d’étudiants.
Profitant d’un spring break, l’envie de faire la fête devient irrésistible et quoi de mieux pour s’éclater que de partir vers d’autres horizons.
Olivia se laisse ainsi convaincre par Markie, sa meilleure amie, de s’en aller faire un petit tour au Mexique. Pour les accompagner dans cette escapade : Lucas, le petit ami de Markie qui ne reste pas de marbre face à Olivia. Brad, homo refoulé qui craint de faire son coming-out. Penelope, l’adepte de la vodka peu importe l’heure, et son petit ami Tyson, futur médecin prétentieux qui vend des ordonnances.
Une belle brochette de fêtards qui profitent à fond de ces vacances bien méritées, surtout Markie dont le père s’est suicidé il y a peu.
La belle Olivia est heureusement là, et en plus elle a tout de la petite fille modèle, bien comme il faut et suffisamment altruiste pour épauler son amie et être sa confidente.
Et c’est Olivia qui, justement lors de la dernière soirée mexicaine, va croiser Carter, un jeune homme charmant qui lui vient en aide lorsque celle-ci tombe sur son ex-petit ami pot de colle et un brin lourdaud : Ronnie !
Pour remercier son sauveur, la jeune fille accepte de ce dernier le verra qu’il lui offre, et passe alors un agréable moment en sa compagnie. Son allure de baroudeur ne doit certainement pas laisser la donzelle insensible.
C’est le dernier soir… et donc personne ne veut rentrer à l’hôtel. Pas grave, Carter a la solution !
Il emmène le petit groupe dans un endroit désert, où en haut d’une colline se dresse une bâtisse lugubre. Un ancien couvent abandonné depuis près de cinquante ans !
Malgré la sinistrose qui se dégage du lieux, les nouveaux occupants parviennent à se détendre, la petite mousse aidante bien évidemment. Au point même qu’ils vont jouer ces grands enfants, et pas à n’importe quel jeu puisque ce sera action ou vérité.
Les premiers petits secrets inavouables ne tardent pas à pointer le bout de leur nez, créant un climat de plus en plus tendu.
Il trouvera son apogée lorsque Carter leur révélera, non sans une certaine froideur, la vraie nature de leur venue à cet endroit. C’est volontairement qu’il les a conduits ici, dans le but de les faire jouer à ce jeu, lui permettant ainsi de rester en vie.
Il averti ensuite Olivia que ces amis et elle devront, coûte que coûte, à leur tour y jouer. Leur choix importera beaucoup pour rester en vie : si le choix se porte sur vérité, il leur faudra se montrer honnête, ne rien cacher, ne pas mentir. Si au contraire le choix devait être celui de l’action, ils devront s’y soumettre. Peu importe ce qu’il leur sera demandé, ils n’auront d’autres choix que de s’exécuter.
Si ces règles ne sont pas respectées, la seule issue sera la mort !
Tout le monde le prend alors pour un fou, ne prenant pas ses paroles au sérieux. Mais à peine de retour dans leurs pénates que les premiers événements étranges se manifestent.
C’est Olivia qui en fait les frais la première, voyant apparaître ci et là l’inscription « Truth or Dare » !
Ignorant dans un premier temps ces signes, qu’elle met sur le compte d’une mauvaise blague, elle devra rapidement se rallier à la vérité – en même temps c’est action ou vérité, je dis ça je dis rien – car la voici soudainement face à quelques étudiants arborant une sale gueule, plutôt flippante, qui l’enjoignent de choisir entre… bon vous avez compris de toute façon.
Le jeu débute réellement à partir de cet instant, plus question de l’ignorer !
Il ne laissera personne indemne, faisant des victimes à tour de bras, et pas que sur le plan morale. Quelques-uns vont y laisser leur peau !
Pour cette bande de potes, qui ont peine à croire que pareille mésaventure puisse leur arriver, les heures sont comptées et il leur faut donc ruser pour rester en vie. Mais surtout, ils vont tenter de faire cesser ce jeu, possédé par un terrible démon qu’il ne fallait pas réveiller !

truth-or-dare-2018-2

« Truth or Dare » se présente comme un vrai Teen Horror Movie qui aura surtout tendance à séduire quelques ados boutonneux qui, tout innocent sont-ils, croient se trouver face à un film d’horreur si terrible qu’ils auront sans doute du mal à fermer l’œil de la nuit !
Il importe donc de replacer le couvent au milieu de sa colline : « Action ou Vérité » est davantage un film prônant la légèreté de ton, évitant de tomber dans l’excès de violence, pour ne pas trop choquer nos petites têtes blondes.
Et c’est bien dommage figurez-vous ! Car le scénario offre tellement de possibilités pour rendre le truc bien glauque, qu’on regrette amèrement que Jeff Wadlow, le réalisateur, ait préféré les ignorer.
Ce n’est pas le seul point faible du film – bien qu’il soit déjà fort consistant – et on peut ainsi évoquer cette utilisation abusives des réseaux sociaux et de l’Internet, comme étant les outils indispensables pour résoudre un mystère. C’est bien connu, Google a réponse à tout ! Dans les comparatifs aussi, Olivia faisant le rapprochement entre le visage du démon qui, lorsqu’il s’affiche sur un visage, à tout lieu d’un mauvais filtre Snapchat.
Fait de société oblige qu’il est autant indispensable de consacrer de la sorte les réseaux sociaux ?
Omniprésents en première partie de film, ils gâchent le spectacle déjà un peu fade, et ne surfent (pour le jeu de mot) jamais que sur la vague du vulgaire cliché, tellement éculé qu’il devient lassant.
On ose à peine imaginer ce qu’il serait advenu d’une enquête de Sherlock Holmes au 21ème siècle… Ah si, il y a « Elementary » ! Autant pour moi, tant qu’à rester dans le mauvais goût.
Inutile de vouloir s’éloigner de notre sujet par un tour de passe-passe trop facile. Pourtant, cela évoque bien la nature profonde du long de ce brave Jeff, un homme qui aime prendre des raccourcis comme on prend une autoroute, abandonnant toute envie de rendre son bébé plus consistant en y apportant de la matière.
Oui, cette première partie est laborieuse ! Il faut patienter jusqu’en seconde partie pour que, enfin, l’intensité nous gagne.
La péloche change radicalement de rythme, devenant plus nerveuse et vient apporter le tant attendu lot de révélations croustillantes.
L’originalité daigne même nous rendre visite : en effet, on ne parle plus seulement d’un démon capable de posséder une pauvre âme, ou encore une maison, mais a autant cette capacité de posséder les idées et, de facto, le jeu de l’action et de la vérité.
Afin de pousser plus loin l’expérience, la matérialisation du malin se fait par le biais de n’importe quel badaud qui arborera alors une expression faciale déconcertante, le pauvre n’étant même pas conscient de ce qui lui arrive. Pour paraphraser le grand intellectuel Richard Virenque : « C’est à l’insu de leur plein gré ».

action-ou-verite-trailer-bande-annonce-vostfr

Si cette seconde partie s’avère plus haletante, son final le sera d’autant plus. Bon, de là à dire qu’il se démarque par son originalité est un pas que je ne franchirais pas, mais le potentiel y est, l’intelligence aussi qui permet à ce final de s’éloigner du cadre trop conventionnel.
Jeff Wadlow – qui s’aventure sur le remake des « Maîtres de l’Univers » – signe donc un film estampillé BlumHouse Productions, société de Jason Blum qui a le mérite d’être bien présente pour que des projets horrifiques, refusés par des majors, puissent voir le jour.
Il est certain que dans pareille entreprise, il y à boire et à manger.
« Truth or Dare » est bien loin d’égaler la qualité d’un « Get Out », car ce qui ressort au final n’est rien d’autre qu’une banale histoire dans laquelle les protagonistes doivent se montrer assez futés pour rester en vie. Pour ce faire, il faut défier la mort, ce qui nous ramène à la bonne vieille saga de « Destination Finale », jusque dans la manière par laquelle la pauvre victime passera de vie à trépas.
Rien de neuf donc, pas même dans la réalisation qui se veut très classique, voir un peu rétro dans sa façon de sublimer l’ensemble, nous laissant assez souvent avec l’idée d’être revenu dans un vieux slasher 90’s un peu désuet.
Wadlow est certes plus énergique en seconde partie, insistons bien là-dessus pour dissiper les derniers doutes, mais cela ne suffit pas. Il manque cruellement d’ambition pour porter le projet, lequel recèle de bonnes idées qui, bien exploitées, auraient pu donner un tout autre visage à ce petit film d’horreur qui, pour le coup, ne dépassera pas le stade du simplement sympathique.
Tout de même on se laissera gagner par la joie d’admirer la jolie frimousse de Lucy Hale (elle est pas un peu botoxée elle ?) qui s’en tire plutôt bien, sans plus. Á sa décharge, le rôle de Olivia est tellement guimauve que l’actrice de « Pretty Little Liars » aurait bien eu du mal à la hisser, tant il n’y a rien à en faire.
Eux s’en sortent un peu mieux : l’actrice Violett Beane et, pour vous mesdames, Landon Liboiron.
La première, qui interprète Markie, est bien plus entière que sa copine, de par cette fragilité due à la mort de son père qui lui confère un côté frondeur et directe.
Landon Liboiron, alias Peter Rumancek dans la série « Hemlock Grove », joue très bien l’ambiguïté qui caractérise son personnage, et qui conduit à piéger ses nouveaux camarades. Qui plus est, ce regard ténébreux et profond laissent deviner un acteur dont le talent fera encore parler de lui.
De bons acteurs qui ne pourront malheureusement pas combler les nombreuses brèches qui parsèment le métrage.
La fadeur des dialogues les empêche de briller comme il se doit, ce qui aura plutôt tendance à rendre certaines scènes pathétiques et, putain, on a quand même un peu mal pour ces pauvres bougres. Quel gâchis !

truth

Dans le cas où vous me demanderiez de jouer, je choisis dés le départ la vérité, que je vous livre sans ambages.
C’est inconsistant, c’est mou, c’est déjà vu, c’est insipide,… bref, c’est pas vraiment bon.
Pourtant, après visionnage on se rend compte que malgré ses défauts, « Action ou Vérité » s’impose comme un divertissement dans lequel il n’est pas nécessaire de trop réfléchir, le genre de film où on a le droit de se laisser aller sans rien attendre de plus. Et de temps en temps, cela fait du bien aussi.
Bien entendu, si vous n’aimez pas perdre votre temps, pour le consacrer uniquement à des œuvres qui en valent la peine, alors passez votre tour ou vous risqueriez bien de le regretter.
Pour les autres, prenez-le au millième degré, ne vous retenez pas de sourire face aux incohérences aussi énormes qu’un immeuble new-yorkais. Je vous garantis que ces moments là sont savoureux, et ne viendront pas trop gâcher la petite intrigue, quand bien même on la voit venir de loin.
Et si après cela il vous vient comme l’envie de faire une partie de action ou vérité, vous éviterez ! Non pas qu’il puisse y avoir une quelconque malchance d’attirer le démon, c’est surtout que… vous n’avez plus quinze ans bordel !

C. Valentin

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s