Sorority Babes in the Slimeball Bowl-O-Rama

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On aura beau dire, mais rien ne vaut une délicieuse pizza pepperoni avec supplément d’anchois pour savourer une soirée parfaite, devant un bon film – même si la notion est toute relative – quitte à en oublier que celui-ci est estampillé « Full Moon », et a comme réalisateur un certain David DeCoteau !
Va falloir s’accrocher face à ce « Sorority Babes in the Slimeball Bowl-O-Rama », car c’est bien connu, c’est dans les vieux chaudrons qu’on fait les meilleures soupes. Et ça, le producteur Charles Band l’a bien compris.

81tjh1aLuML._SL1500_L’heure est venue pour Taffy et Lisa de vivre ce moment intense, celui de l’initiation afin de devenir membre de la sororité des Tri Delta.
Un rituel fait d’épreuves aussi inutiles que stupides, mais qui tentent à établir votre degré d’envie de devenir une « sœur ». Il importe alors de se plier aux moindres exigences des anciennes.
Eux ne risquent pas de manquer ce grand moment : Calvin, Jimmie et Keith ! Trois ados un peu nerd sur les bords, mais vouant une passion commune aux charmes féminins.
Afin d’assister au plus près du spectacle, ils iront jusqu’à s’introduire dans la maison abritant la sororité. C’est d’autant plus agréable, surtout lorsqu’ils assistent à la fessée que donne la présidente des Tri Delta aux deux prétendantes, à l’aide d’une planche à battre le linge.
Il n’en faut pas plus pour filer une trique d’enfer à nos lascars, poursuivant leur voyeurisme jusque dans la douche, où Taffy et Lisa sont occupées à se rincer les miches.
Lorsque Babs, la présidente, vint à les surprendre, et après leur avoir donné une petite leçon, celle-ci leur proposera de participer plus activement à cette soirée.
Plus précisément, ils seront invités à vivre l’épreuve finale aux côtés des deux futures recrues.
Les garçons devront les accompagner au bowling du centre commercial, afin d’y dérober une coupe.
Babs et ses deux complices attendront le petit groupe (oui parce que Babs est la fille du proprio du centre commercial, alors forcément elle a les clés) afin de leur préparer une farce qui leur procurera la peur de leur vie.
Lorsque les jeunes gens envahissent l’endroit, ils comprennent rapidement qu’ils ne sont pas seuls : Spider (Mutante dans la VF), une jeune femme rebelle, est en train de cambrioler le bowling !
Calvin, d’habitude très introverti, amateur de films d’horreur et littéralement déglingué après avoir sifflé une bière, s’amourache de la donzelle qui, bien que commettant ses méfaits, ne prête aucune attention au groupe, pourvu que de leur côté il lui fiche la paix.
Enfin ! Après moult péripéties, voici que la coupe est dérobée. Et pas n’importe laquelle : la plus grosse !
S’ensuit une gaffe, paraissant anodine de prime abord, mais qui pourtant viendra bouleverser la soirée. Après que la coupe ait échappée des mains de ce gros balourd de Keith, une étrange fumée s’en échappe pour, soudainement, laisser apparaître un génie.
Une sorte de Goule (tiens donc) tenant plus du démon malicieux que du gentil génie bleuâtre du « Aladdin » made in Disney.
Le bougre pratique la magie noire, autant dire qu’il va y avoir de l’embrouille !
Et ce n’est pas peu dire, car le voici qui propose de réaliser, pour chacun des pauvres hères, un vœu de leur choix.
Keith souhaite de l’or, Jimmie de vivre un amour passionné avec Lisa, et Taffy de devenir la reine du bal.
Spider et Calvin sont les seuls à se méfier de cet être diabolique, et à ne pas formuler le moindre souhait.
Ils ont fichtrement raison, puisque les premiers effets secondaires des désirs des uns et des autres vient à se manifester, entraînant avec eux les premières victimes.
Spider et Calvin, que tout oppose, vont devoir s’allier pour sauver leur vie, et tenter de quitter le centre commercial, dont les issues sont bloquées par un sortilège.
Il leur faudra alors vaincre ce démon, et la tâche ne sera pas facile, tant ce dernier leur réservera quelques mauvais tours !

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Tout avait pourtant l’air de si bien commencer : des paires de loches à damner un Saint, de petits culs arrondis et une initiation de jouvencelles à une sororité. Tout est là pour nous laisser cette douce illusion de voir débarquer sous peu un tueur masqué, armé d’une arme blanche. Préparez-vous au bain de sang !
Que nenni… et pour ceux qui connaissent un tant soit peu le film, vous devez certainement vous amuser de cette confusion.
Elle est toutefois légitime, et on ne blâmera pas le pauvre pèlerin de s’y être laissé prendre.
Il est vrai que cela aurait été étonnant, en cette année 1988, que le producteur Charles Band (pour ceux du fond, c’est ZE boss de chez Full Moon) de ne pas venir glisser l’une de ses marionnettes qui firent, quelques temps plutôt, le succès (ou pas) de « Ghoulies ».
C’est donc à l’apparition burlesque de la bébête qu’on en vient à se dire, à voix haute et claire : « Mais qu’est-ce que c’est que ce binz ? ».
Il s’en suit alors, presque instantanément, un éclat de rire, tonitruant à souhait, qui vous annonce sans ambages que vous venez de vous faire piéger.
Á n’en pas douter, même Marcel Beliveau n’aurait pu faire mieux, et il va maintenant falloir tenir le coup pendant encore à peu près une heure.
Tout de même, le poisson était gros, trop peut-être pour ne pas le voir arriver, et pourtant le running gag est légion dés le lancement de « Sorority Babes… » ce qui aurait du nous mettre la puce à l’oreille.
Tout au plus, on pense à un mélange slasher/comédie. Mais plus que cela, on sombre carrément dans la parodie bien potache à tendance fantastique, bien bis tout de même, rassurez-vous.
Les situations comiques, elles, continuent à s’enchaîner sans trop de vraisemblances, couronnant l’ensemble par de petites blagounettes séculaires, légions pendant tout le restant du récit.
Il ne faudra pas davantage compter sur la pertinence des dialogues : de palabres en palabres le film s’en trouve ralenti, alors que pour tenter de se dépêtrer de son labeur, il aurait fallu lui insuffler plus de rythme.
Mettre plus encore le démon en valeur n’aurait pas été un luxe, mais voilà… c’est toujours le même problème : le budget !
Loin d’être colossal, cela dessert les effets spéciaux, dont celui de la marionnette, tout juste est-elle animée, nécessitant presque obligatoirement de se retrouver, lors de ses apparitions, dans des plans fixes afin de bouger le moins possible.
Le peu de déplacement qu’elle effectue nécessite tout de même l’intervention d’un assistant qui, à la main, va la placer à un autre endroit. Le trucage est loin d’être bluffant.
Un petit goût de déjà vu me direz-vous. Et vous avez raison, on en revient à « Ghoulies » qui suivait à quelques différences légères cette pratique à bon marché.
Il ne nous reste plus qu’à prendre le tout avec le sourire, et au final ce « Sorority Babes in the Slimeball Bowl-O-Rama » s’avère agréable tant il transpire les grands clichés des 80’s.
Il ne s’agit pas d’un retournement de veste de dernière minute, mais d’une vérité qu’il est difficile de réfuter tant on aime ça.
Dés lors, malgré ses grandes faiblesses, on ne pourra pas s’empêcher d’avoir de la tendresse pour ce film signé David DeCoteau.

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La particularité du métrage est d’être la seconde péloche de DeCoteau à réunir, après « Nightmare Sisters », les trois scream queens phares de l’époque : Linnea Quigley, Brinke Stevens et Michelle Bauer.
Une belle distribution donc, complétée par la présence de Andras Jones, apparu la même année dans « Le Cauchemar de Freddy ».
Des acteurs qui peinent à laisser exploser leur talent, pourtant déjà prouvé chez certains dans d’autres productions – revoir « Savage Streets » où Linnea Quigley livre l’un de ses plus beaux rôles – mais qui ne laissent ici que l’impression d’un grand n’importe quoi assumé. On sent en effet un certain amusement chez les protagonistes, de quoi nous filer la banane.
David DeCoteau, pourvoyeur invétéré de bisseries en tous genres, ne s’en tire pourtant pas trop mal.
L’homme balade sa caméra ci et là, explore les différents angles, même les plus sombres, et parvient à instaurer une certaine ambiance, difficile à définir, mais la sauce prend assez bien.
Les décors du centre commercial sont assurément très louables, et dans ce dédale de couloirs se promène une sorte de succube qui vous rappellera, par son accoutrement et son allure, la jolie Elsa Lanchester.
Un drôle de clin d’œil dont on pourrait se demander si il a vraiment sa place ? Si l’on considère la folie qui se dégage du long, on se dit que, finalement, pourquoi pas !
Très belle photographie également, il faut en souligner l’esthétisme, rendue encore plus envoûtante grâce à la musique signée Guy Moon.
Le compositeur se fend de quelques morceaux rock endiablés, somme toute le point d’orgue d’un film diablement efficace pour qui sait en saisir le second degré.

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Certes, cela n’en fait pas un chef-d’œuvre immuable, ni même le meilleur de la riche filmographie de son réalisateur, mais tout de même peut s’enorgueillir d’un petit statut de film culte.
Loin de sentir la poussière, il dégage au contraire une douce effluve de nostalgie des années quatre-vingt, époque glorieuse où nombre de longs métrages aimaient à ne pas se prendre au sérieux.
« Sorority Babes… » est de cette trempe, c’est le terrain de jeu d’un producteur qui compte un nombre de petits films Bis qui eurent, pour beaucoup, un beau succès, pour d’autres un peu moins, mais qui n’a jamais démérité.
David DeCoteau, lui, n’a jamais cessé de rêver et les mauvaises langues feraient bien de se remater quelques pépites du bonhomme pour se souvenir d’un riche passé qui n’a pas encore fini de faire parler de lui.
Si depuis « 3 Scream Queens » l’homme se fait plus rare, son œuvre, elle, continue à susciter les passions, à créer des débats intéressants, à rassembler une petite bande d’amateurs qui pourraient vous parler du gaillard pendant des heures entières.
Au moment où ces lignes s’écrivent, on est en droit d’espérer que l’envie de vous délecter devant une bizarrerie aux initiales DdC vous submergera.
Dans le cas contraire, rien ne vous empêche de bouffer votre pizza pepperoni avec supplément d’anchois devant « Camping Paradis », après tout, l’horreur adopte bien des visages, mais celui-là est moins délirant !

C. Valentin

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