ARMED RESPONSE

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Il y en a peut-être encore, en 2018, qui croient au potentiel inoffensif de leur ordinateur familiale. Tout empreint d’incrédulité, il semble inconcevable que leur machine devienne plus intelligente que leur utilisateur, voir plus autonome.
Or, on a pu tous le remarquer, la technologie va grandissante au point de mieux nous connaître que nous ne nous connaissons.
Capable de deviner nos pensés les plus intimes (attention messieurs, YouPorn risque de s’ouvrir plus que de raison), il n’en faut pas plus pour donner quelques idées aux services secrets du monde entier pour utiliser, à besoin plus ou moins hostile, les services de ces puissants logiciels et autres gadgets.
Mais à force de rendre nos petites combinaisons binaires plus malines, il faudra un jour en assumer les conséquences !

online-1501993577Lorsqu’un complexe militaire ultra-secret ne répond plus, l’armée envoie un petit groupe de recherche.
Á sa tête, Isaac ! Bien conscient du caractère étrange de ce qui a pu se passer, et qui pourrait avoir un lien avec « le Temple », sorte de système informatique complexe, utilisé pour faire parler les plus récalcitrants et capable de révéler la vérité parmi les mensonges de ceux-ci, Isaac fait appel à son concepteur : Gabriel.
Informaticien de génie, on en découvre pas moins un homme meurtri suite au décès, accidentel, de sa petite fille et dont il se sent responsable.
Il va ainsi faire partie du corps expéditionnaire et retrouver quelques vieux camarades, dont Riley, la seule femme du groupe.
Intrépide et maligne, elle est entourée par de gros biscoteaux : Brett, une brute épaisse à tendance nombriliste, Tyler et Saeed, deux inséparables et Paul, un autre génie de l’informatique dont la grande est passion est… Gabriel.
« Le Temple » est abrité dans une prison désaffectée, parfaite couverture pour ne pas éveiller les soupçons. Une équipe réduite en assurait le bon fonctionnement, un job idéal et reposant pour ces vétérans qui ont servi de longues années en Afghanistan.
Pourtant, lorsque l’alarme vint à retentir, brisant la quiétude du moment, c’est un vent de panique qui souffle sur ces hommes et ces femmes affectés à l’endroit.
Un danger les menace, invisible, sournois et belliqueux, qui force les soldats à ouvrir le feu sur ce qu’ils ne peuvent pas voir.
Quelque-chose ou quelque-un rôde dans les couloirs sombres, au point d’avoir raison des occupants, les déciment l’un après l’autre.
Arrivé sur place, le groupe de recherche ne peut que constater les dégâts.
Même Gabriel ne semble pas comprendre ce qui a pu se passer. Le système fonctionne apparemment très bien, malgré que ce dernier ne parvient pas à rétablir l’énergie, plongeant l’endroit dans la sinistrose la plus totale.
Le mystère reste entier, et compte bien s’épaissir encore un peu plus. Car soudainement, toutes les issues se bloquent, faisant de l’équipe les prisonniers d’une machination qui s’annonce terrifiante.
Gabriel et Paul commencent à entrevoir un semblant d’explication : « le Temple » est désormais pourvu d’une conscience !
Mais pourquoi a t-il tué les précédents occupants ? Il faut maintenant trouver la réponse à cette question.
Et celle-ci pourrait bien être détenue par Ahmadi, un terroriste et ancien de l’armée afghane, activement recherché. Par quel concours de circonstance s’est-il retrouvé là, au moment du massacre ? A t-il été le témoin des horreurs perpétrées ou en est-il l’instigateur ?
Quoiqu’il en soit, il faut faire vite, car des événements étranges se manifestent, commandés par l’ordinateur lui-même.
Au fur et à mesure de son investigation, Gabriel découvre que sa création a mis à jour un dossier secret et très sensible que l’armée aurait préférée ne jamais revoir à la surface.
Alors que les membres de l’équipe de sauvetage voient apparaître des ombres, prenant l’apparence de victimes de la guerre, et que la panique s’installe, l’informaticien paraît mandaté par « le Temple » pour l’aider dans sa quête qui prend tout doucement les traits d’une vengeance ; et ainsi faire la lumière sur des agissements qui jadis furent passés sous silence.
En venant secourir les leurs, ils sont devenus les proies ! Combien de temps pourront-ils résister face à cet amas de technologie qui est bien décidé à leur faire la peau ?

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Dans « Armed Response » la relation entre le monde hyper-connecté et l’homme est évoqué sans équivoque, venant nous rappeler combien la confiance que nous accordons à tous ces bidules – smartphone, tablettes,… – est somme toute très relative face au danger que cela représente en réalité.
Sous couvert de cette considération, John Stockwell nous invite à vivre pendant près de 93 minutes une expérience forte à souhait, via une production à triple genre : Action, Thriller et Horreur !
Si sur le papier le projet est plus que louable, on se rend vite compte que le rendu final pèche par ses (trop) nombreuses faiblesses.
Il suffit d’aborder la question du scénario, signé Matt Savelloni, pour se rendre compte à quel point celui-ci prend les spectateurs pour des êtres d’une si grande intelligence, qu’ils sont capables les bougres – ça c’est lui qui le dit hein, pas moi – de se démerder par eux-même pour combler les défauts de son histoire.
Certes, il nous fait là une grand honneur, mais on s’en serait très bien passé. Faut pas pousser bobonne dans les orties quand même !
Cette mission, il nous la confie car la structure de son scénario est carrément branlante, et cette tâche qu’il nous attribue s’avère des plus ardues.
Cela part dans tous les sens, sans qu’aucun fil rouge ne vienne faire la corrélation entre les morceaux, de plus en plus disparates pendant le visionnage.
Ajoutez à cela une volonté de tout vouloir contrôler, si bien que chaque scène suit un plan purement établi, réglé comme du papier à musique : on cause pour mettre en avant l’intrigue, chaque nouvel indice nécessitant une réunion au sommet, on laisse supposer une présence fantomatique, renvoyant alors une patrouille dans un dédale de couloirs sombres et froids, pour finalement n’aboutir à rien !
On aurait aimé retrouver la force viscérale d’un « Event Horizon » et l’intellectualisme d’un « 2001 l’odyssée de l’espace ». Au lieu de cela, le réalisateur et son scénariste nous livre un métrage plein d’amertume, parfois ennuyeux et souvent redondant.
Tout de même « Armed Response » se permet une tentative, en seconde partie, qui tente à le faire passer à la vitesse supérieure, mais… en vain.
Ces aléas conduisent inévitablement à mettre à mal l’intrigue, et c’est plus que regrettable tant elle aurait pu être le maillon fort de la péloche.
Suffisamment complexe, sans pour autant trop nécessiter de nos neurones, sans être prévisible pour autant, bref, elle approchait d’un équilibre parfait et bien que l’on sent une révélation qui ne nous coupera pas le souffle, elle aurait tout de même eu le mérite d’efficacement nous surprendre.
Il faut donc compter l’intrigue au nombre des victimes, car elle en est une c’est indéniable !
Si l’horreur, elle, est prégnante dés les premières minutes, elle aura tendance à rapidement passer en second plan, reléguant avec elle le suspens lié au « Temple » pour n’être plus que le prétexte fallacieux d’une peur qui s’insinue chez les protagonistes. La vérité de cette peur sera tout autre, nous laissant cette désagréable impression d’avoir été pris pour le dindon de la farce.
Dommage puisque le tout, mis bout à bout s’avère cohérent, et plus rageant encore, terriblement efficace !

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Le choix du réalisateur, John Stockwell, de tourner l’ensemble en huis clos avec peu de lumières est assez judicieux. Hélas, là aussi, l’homme pèche par ses faiblesses. Stockwell semble perdu, ne sachant plus très bien dans quel coin poser sa caméra, ne nous offrant alors comme seul point vue que des recoins vides et noirs, des vues en hauteurs sur des tabourets (faut-il y voir une symbolique quelconque?), pour conclure avec des travellings inutiles puisqu’ils n’apportent absolument rien de plus à ce long métrage fatiguant.
Dans ce capharnaüm infernal, on trouve un joli casting puisque l’on retrouve un vétéran de l’action movie en la personne de Wesley Snipes. L’acteur apparaît peu confiant, voir pas du tout à l’aise avec son environnement.
Wesley Snipes, qui peut tantôt jouer le méchant déjanté dans « Demolition Man » ou le héros fulgurant de « Passager 57 » – oui je sais ce n’est pas le plus récent, mais je le kiffe à fond celui-là – est ici aux antipodes de son talent, officiant tout au plus en bon élève bien obéissant.
Anne Heche, elle, tient à donner le meilleur d’elle-même et c’est tout à son honneur.
« Prends-en de la graine Wesley, tu aurais au moins pu essayer aussi ! »
Il faut pourtant l’avouer, cela ne suffit pas. L’actrice n’est tout simplement pas faite pour ce rôle et sa présence dans « Armed Response » s’avère aussi inutile que le H de Hawaï. Bien que talentueuse dans d’autres registres, elle ne possède pas la carrure qui sied à son personnage, elle n’est pas faite pour cela, et ça se ressent.
Il tire un peu plus son épingle du jeu, d’un chouia seulement n’allez pas rêver, et se révèle comme le vrai héros de cette histoire : Dave Annable !
En campant Gabriel c’est à lui qu’incombe la lourde tâche d’éclaircir le mystère, et pas seulement en remettant la lumière en marche. Ne croyez pas les bonimenteurs, ce n’est pas parce que cette tant attendue lumière revient que les problèmes s’évaporent.
L’acteur est malheureusement victime des caprices d’un scénariste qui aime les clichés. Souhaitant apporter un peu plus de consistance au rôle tenu par Dave Annable, Matt Savelloni le dote d’un passé douloureux, avec l’accident tragique dont sa fille est victime, rendant le paternel adepte de la bouteille.
Évocation seulement de quelques minutes pour, ensuite, ne jamais revenir sur le sujet.
Mais pourquoi donc ?
Difficile, on l’entend bien, pour l’acteur de camper comme il se doit la personnalité d’un homme dont il ne sait rien.

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« Armed Response » n’est pour autant pas si mauvais qu’il y paraît.
Il faut y voir un film qui n’a pas atteint ses espérances, mais qui peut se targuer de recevoir le déjà pas si mal statut de divertissant.
Pas de prise de tête à en attraper la migraine, pas d’outrance cérébrale, pas d’action volontairement gratuite,… tout est calculé, certes un peu trop, pour ne pas sombrer dans les plus élémentaires clichés.
Quoique… cela n’aurait sans doute pas porter préjudice au film de John Stockwell si ce dernier l’avait abordé comme une vraie bonne bisserie, avec le minimum de ringardise que cela comporte, toutefois assumée, pour en faire un métrage délectable et savoureux dont on aurait pris plaisir à voir et à revoir.
Ah oui, franchement… c’est bien dommage !

Cédric Valentin

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