JOHNNY ENGLISH CONTRE-ATTAQUE

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« Quand la terre est en danger, que la vie s’en va, tous les gens se tournent vers… » vers qui au fait ? Certainement pas ce bon vieux « Captain Planet » qui serait capable d’être trop sérieux pour sauver le monde, ce qui aurait tendance à rendre sa mission particulièrement gonflante.
Alors vers qui on se tourne ? Et bien dans les situations périlleuses il faut savoir faire appel au meilleur parmi les meilleurs. Quelqu’un capable de faire face à tous les cas de figure, sachant garder son sang-froid malgré les circonstances. Un seul homme peut y arriver : un agent des services secrets de sa Majesté !

JE3_AfficheEt ça tombe bien, car le Royaume-Unis subit une attaque massive sur ses serveurs, et voici que l’identité de tous ses agents se dévoile au grand jour.
Un hacker qui n’a pas froid aux yeux cible le pays qui, dans quelques jours à peine, doit accueillir un sommet du G12.
Pour la première ministre l’heure est grave, d’autant plus que les attaques se multiplient. Puisque les agents actifs du MI7 sont compromis, et donc dans l’incapacité de régler au mieux cette affaire, il faut aller chercher des renforts dans les rangs des anciens membres des Services Secrets.
Ils sont à la retraite, mais prêts à reprendre du service !
Johnny English fait partie de ceux-ci. L’espion, véritable anti-héros, est devenu professeur de géographie dans une prestigieuse école. Mais son leitmotiv n’est pas d’enseigner les capitales, mais plutôt de former ses jeunes élèves à un jour exercer le métier qui l’occupait jadis.
En recevant de son ancien employeur un courrier l’invitant à être de nouveau sur le terrain, Johnny y voit l’occasion de revivre une énième aventure dans laquelle son talent et son flegme sont ses meilleurs atouts.
Á Londres il découvre l’objectif de sa mission, mais le gaillard n’est pas vraiment à l’aise avec le langage des nouvelles technologies. Ses méthodes « old school » ne collent plus vraiment avec le matériel high-tech dont dispose le MI7. Qu’importe ! C’est bien dans les vieilles casseroles que l’on fait les meilleurs soupes, et notre homme compte bien travailler à « l’ancienne » pour régler cette délicate affaire.
Il va à nouveau faire équipe avec Bough, son fidèle acolyte (bien qu’absent du second opus) qui est toujours à ce point en admiration face au charisme et à l’assurance que dégage English.
Cette fine équipe va alors prendre la route, à bord d’un bolide rutilant, direction le Sud de la France pour commencer. C’est là que vont débuter les nombreuse péripéties, que le danger va naître et qu’une épée de Damoclès va planer au-dessus de la tête de nos deux compères.
Mais rien ne peut venir entacher l’opiniâtreté de Johnny English, plus que jamais déterminé à découvrir qui est le pirate informatique qui sème à ce point le chaos sur les îles Britanniques.
Une mission qui s’avère difficile… enfin surtout pour tous ceux et celles qui croiseront la route de l’espion, toujours aussi prompt à gaffer. De toute façon, ce n’est pas bien grave puisque cela tourne systématiquement à son avantage. Et comme il ne se rend pas compte à quel point il est une calamité ambulante, il peut s’enorgueillir de belles réussites.
Armé de tous ses gadgets, paré à toutes les éventualités – enfin c’est ce qu’il croit – le nez fin pour démasquer le vilain – enfin c’est qu’il croit – notre agent du prestigieux MI7 compte bien en découdre. Encore plus lorsque, finalement, c’est le monde entier qui risque de sombrer dans le chaos, à l’heure même où le gredin menace de couper totalement Internet, plongeant ainsi les grandes nations dans une apocalypse sans précédant. Johnny English ne laissera pas ce potentiel scénario devenir une réalité !
L’homme est en colère et ça va faire mal… là au moins, c’est une certitude.

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Quinze ans après le premier volet et sept ans après le second, voici que Johnny English reprend du service dans ce troisième film : « Johnny English Contre-Attaque ».
Il faut savoir que c’était le souhait de Rowan Atkinson d’endosser à nouveau le costume du célèbre espion, tel qu’il l’exprima en 2017 alors en pleine promotion pour la série télévisée « Maigret ».
Il faut croire qu’on ne refuse rien au génialissime Monsieur Atkinson puisque pas moins d’un mois plus tard l’annonce tombe : la préproduction vient de débuter et le tournage est imminent.
Il y aura donc bel et bien un troisième opus de « Johnny English » qui devient, de fait, une trilogie, la première pour celui qui incarne l’espion britannique.
Si le premier long était plutôt réussi, le second, lui, se situait déjà un cran en-dessous. Toutefois il parvint à se montrer suffisamment intense pour éviter le naufrage, et puis, il faut bien l’avouer, nous fûmes beaucoup à apprécier la présence de Gillian Anderson au casting.
Pour cette ultime suite, il eut été impossible d’empêcher le navire de couler ! Pour la peine, autant être directe : les gags sont prévisibles, à un tel point qu’on les sent tellement venir qu’ils finissent comme un pétard mouillé. Et comme les effets comiques sont éculés et datent d’une autre époque, on se demande à plusieurs reprises si ils étaient intentionnels ou non !
L’intrigue ne fait guère mieux, se dévoilant en à peine quelques minutes, ce qui aura pour conséquence de fortement gripper quelques séquences « drôles » qui faisaient allusions à cette dernière.
Quoique cette intrigue pourrait à elle seule être rigolote à souhait tant elle n’a ni queue ni tête et semble avoir été écrite par un gamin de huit ans.
Bien que, si c’était le cas, le gamin serait un tantinet doué pour, dans le discours sous-jacent, faire le procès des dérives technologiques et surtout de l’Internet.
Ce sont pourtant bien deux scénaristes adultes qui sont les auteurs de cette nouvelle entreprise. William Davies et Robert Wade n’ont donc pas fourni un travail très brillant, empruntant vulgairement quelques plaisanteries au premier et second film pour les recycler maladroitement ici. C’est fade et ça manque cruellement d’ingéniosité.
David Kerr, le réalisateur, s’en tire un peu mieux grâce à une réalisation qui, bien que relativement classique, parvient à trouver le rythme adéquat et, cerise sur le gâteau, réussi le pari de sublimer quelques scènes.
On y appréciera également les petits clins d’œil faisant référence à de grandes œuvres cinématographiques ayant pour thème l’espionnage et qui apportent un petit coup de fouet à un métrage qui s’enlise plus qu’il ne devrait.

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Pour ces nouvelles lignes, vous me permettrez, et c’est promis ce sera la seule fois, de complètement retourner ma veste au point de ne plus être d’accord avec ce qui est écrit ci-dessus (enfin, plus ou moins pas d’accord). Au risque même que vous soyez perdu en conjecture.
Je viens de vous livrer plus haut un avis très critique, très froid n’ayons pas peur des mots, sur cette dernière mission de « Johnny English ».
Avant de déposer la galette dans le tiroir du lecteur, je me suis demandé dans quel état d’esprit j’allais visionner ce film. Allais-je opter pour la version aigrie de l’adulte incapable de succomber aux charmes d’une comédie familiale, même un brin pathos, lui préférant au contraire ces quelques pelloches à tendance « intellos », ou allais-je davantage le regarder avec l’esprit désembué de toutes négativités ? En gros me laisser porter et voir où cela me mène.
Optant pour la seconde option, le verdict fut sans appel. J’ai rigolé à gorge déployée, les larmes coulèrent sur mon visage et les côtes me firent un mal de chien.
Une fois le film terminé je me suis néanmoins demandé ce qui avait pu me faire autant poiler, alors que, histoire de camper sur quelques positions, les gags sont aussi niais. Inutile de chercher midi à quatorze heure, la réponse me sauta vite aux yeux, m’écriant « bon sang mais c’est bien sûre » ! Bon d’accord, je n’ai quand même pas été jusque là, mais j’aurais très bien pu puisque l’élément comique réside… en Rowan Atkinson, tout simplement.
L’acteur, à l’aise dans l’art de faire rire, et tout aussi à l’aise dans le tragique et j’en reviens à la série « Maigret » que je vous conseille urgemment, semble comme un poisson dans l’eau.
Toutes ces années passées dans la peau de « Mister Bean », du brigadier chef dans « Mr. Fowler » ou encore dans « La Vipère Noire » sont autant d’expériences qui permettent à l’acteur de sauver des abîmes l’aspect hilare d’un métrage qui se targue d’être une comédie.
Il y parvient grâce à ces « mimiques » imparables et sa gestuelle caractéristique. On ne rie pas de Rowan Atkinson, qui crève littéralement l’écran, mais nous rions grâce à lui et on ne peut que s’incliner devant l’immense talent d’un grand comédien.
On l’admire tout autant lorsqu’il s’empêtre avec ses gadgets d’espion un brins loufoques, jusqu’au moment où il prend place dans sa voiture pour nous offrir, peut-être bien, les meilleurs moments de ce troisième volet.
Pour ne pas déroger à la règle, c’est une nouvelle fois la propre voiture de Rowan Atkinson qui est la vedette, cette fois, une Aston Martin V8 Vantage que votre humble serviteur date, lui semble t-il, de 1987. Prière de lui faire savoir si il raconte une connerie, merci !
Toujours pour rester dans la logique d’une guest star prestigieuse, après John Malkovich dans le premier et Gillian Anderson dans le second, c’est au tour de Emma Thompson de partager l’affiche de ce « Johnny English Contre-Attaque ».
Elle y campe une première ministre nerveuse, dont les crises de colères laissent soudainement moins de place au protocole, préférant un langage moins châtié.
Actrice tout aussi formidable, ce n’est pas la première fois qu’elle se retrouve avec Rowan Atkinson comme partenaire, ces deux là ont tourné ensemble dés 1989 dans la comédie « The Tall Guy » pour se retrouver plus tard dans la célèbre comédie sentimentale « Love Actually ».
Une belle complicité qui se ressent à l’écran et qui, finalement, permet à la trilogie de finir dans une certaine apothéose, toutefois assez modérée gardons toute de même un peu la tête sur les épaules.

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Il a été annoncé qu’il s’agit là de la dernière aventure de notre anti-héros, lequel ne portera plus jamais son costume d’espion.
On le pensait – et on le disait – déjà après le deuxième film, alors qui sait, peut-être verrons nous un jour débarquer un ultime métrage qui ferait passer la saga au stade de la quadrilogie.
Bon, je sais que j’ai un peu retourné ma veste… mais pas au point de souhaiter que cela devienne une réalité. Trois films c’est bien, plus ce serait de la gourmandise !

Cédric Valentin

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